Mots dits vers

août 15, 2009

WOODSTOCK

Classé dans : Poésie — Paul Yack @ 10:08

woodstock 1

Nous étions nus sous la pluie
Une guitare d’utopie
Lançait ses riffs de hash
Dans des solos luminescents

Nous étions nus sous la pluie
Universellement seuls
Baignés d’une ivresse de boue
Sous un simple rayon de saxo

woodstock.2jpg

Nous étions nus sous la pluie
Eclatés d’étoiles sonores
Dans le zen halluciné
D’un matin d’hymne déchiré

Nous étions nus sous la pluie
Et l’orage a percé nos peaux
D’une aiguille stridente
Aux reflets d’horizon rose

woodstock 2

Nous étions nus sous la pluie
Armée aux canons évidents
A la beauté délibérée
Aux orgasmes fluorescents

Woodstock3

Nous étions nus sous la pluie
Lavés de tant de silences
Dans le délire assourdissant
D’un lendemain atone

Nous n’y étions ni toi ni moi
Et nous nous recomposons
Notre banalité vêtue de vide
D’une légende inaccomplie

Poème lu en public le lundi 26 octobre 2009 dans le cadre des lundis des poètes de la Société des Poètes Français

juillet 15, 2009

UN MAUSOLEE POUR MANDELA

Classé dans : Poésie — Paul Yack @ 8:17

Mandela verre

Mes pauvres mots zélés
En mausolée
Pour Mandela…

Roben isl

1

Les cailloux concassés du pénitencier
Les colliers rouillés des chaînes de chaque jour
Les bracelets grossiers des menottes perpétuelles
Et l’impensable espoir comme un bol d’air ivre

Les rayures moites de la sueur absurde
Les zébrures ternes du quotidien borné
Les ratures droites des barreaux d’un monde à part
Et l’espoir incongru comme un nuage nomade

Le bâillon judiciaire édicté sur la vérité
La caricature policée d’un verdict kafkaïen
Le délire d’une sentence folle proférée sans frémir
Et l’espoir bombardé de noir comme un tag sur le mur

Univers carcéral circonscrit de vagues insolentes
Ile étroite croûte où l’on séquestre l’universel
Pustule de terre verrue sur un rêve tropical
Mais l’espoir est l’albatros de cette étroite geôle

mandela à R

2

Ils ont coupé
Le monde
En deux

Ils ont dit
Ne mélangeons pas
La pâte humaine

Séparons
L’eau de l’onde
La glaise de la terre
L’azur du ciel
Les braises du foyer

Inventons
Le mur sûr qui dure
Le rempart indépassable
La barricade inéluctable
Le barbelé imperturbable
Le champ clos du silence
Et son cloître coi

Ecartons
De l’infecte ivraie
Le vrai grain
Cultivons
L’ego de nos égaux
Le centre de nous
Notre centripète Moi
Rien que pour nous
Et préservons
L’immatérielle chasteté
De notre unique
Peau

Apartheid 2

3

Et puis ils ont trempé
Leurs bromures de mots
Dans l’eau bénite
De leurs divers prêtres
Pour un Evangile miraculeux

Heureux les purs
Car ce royaume
A part
Leur appartient

Heureux les pauvres
Car ce royaume
A part
Est leur destin d’enfer

O béatitudes de l’effort
Et du dos serve courbé
O pain noir immonde
Gagné à la sueur
Inutile des fronts baissés
D’un monde interdit

Car Dieu récompensera
Vers un ailleurs meilleurs
La génuflexion kaffir
Devant le pouvoir
Livide
Immaculé
De la vérité toute blanche

apartheid 1

4

Et puis ils ont
Mis « hors-la-loi »
Les autres
Les pas purs
Les pas blancs
Les noirs bien sûr
Mais les grisés
Les blanchâtres
Les mulâtres et toutes
Leurs troubles
Déclinaisons
Et puis aussi
Les niaques bizarres
Les hindoux trop bistres

En somme
Tout ce qui porte
Un peu trop
Les traces pygmentées
D’un soleil exagéré
Eternel corrupteur
Des visages pâles

- O nostalgie yankee
Du grand Ouest
Et des Indiens parqués
Dans des enclos de mort
Et l’alcool fort
D’une inéluctable
Défaite -

5

Rêve de revanche
Pourpre de rédemption
Où se lave l’horizon
Dans des matins ocres
De savane brûlée

Massacre vengeur
Où la folie empale la folie
Crime pour crime
On rend tout
Et les potences dressées
Pour un peuple debout
Quand Spartacus
Descendra
De son crucifix
Pour renverser le monde
Et relever le Sud
Contre le Nord

Immense révolte
Aux remous
De tsunami
A l’aurore rouge
Où baigne la mort
Comme sanction
Nœud gordien
Au cou tranché
Sans contrition

Apartheid 3

6

Et ceux du monde
L’autre le vrai
Celui qui décline chaque jour
Son arc-en-ciel
Ils l’ont tous dit

« Vous comprenez
Si jamais on condamnait…
Si jamais on laissait ces Africains…
Imaginez ce long déversoir de sang
Les vies éclaboussées en charpie
Les viols des vierges l’horreur les tortures
L’impossible et impensable charnier
Des amas de cadavres Blancs »

Alors ils se sont tus
Ou bien ils ont fait semblant
Arboraient des moues diplomatiques
Pour cacher des baisers secrets
Aux parfums de diamants

- Géronimo et ses cendres trahies
Au bout de la fumée trouble
D’un calumet d’illusoire paix
Y penses-tu Nelson
Penché à perpétuité sur le calendrier clouté
Du quotidien de tes travaux forcés ? -

Et lui sur son île Robinson ligoté
En fracassant les cailloux de la haine
Chaque jour ressassait son pardon
Et l’espoir avait des effluves
De vent marin et de serments de cormorans

Soweto

7

Il y a ceux qui sont morts
Ceux que l’on a extirpé
Du livre de l’histoire
A coups d’interrogatoires
Aux questions électriques
Où trempées dans l’eau muette
Des baignoires sans réponses

O vous qui ne voulez pas
Même les imaginer
Assis aux mêmes bancs
Vous gardez pourtant le contact tenace
Et vous les dénudez
Et vous les frappez
De vos propres poings
Et vous les écorchez
Et vous les ramassez
Quand ils tombent
Démis de douleur transis

N’avez-vous donc pas peur
De déchoir ainsi
D’entrer dans cet étroit corps à corps
Avec ces nègres
Indignes indigènes
Inaptes à l’existence ?

Où bien alors avez-vous déjà
Enraciné au fond de votre peau
Le sentiment blafard
D’avoir franchi
Les portes imperturbables
D’un irréversible enfer ?

8

Libération

Et pourtant
Sorti de là
Au bout de tant de temps
Au bout du bout de l’espoir

Et pourtant
Une fois sorti
Tu leur as tendu la main
Tu leur as ouvert tes mots

Et pourtant
Une fois tombé
Le bâillon âcre
Qui couvrait ta voix

Tu leur as offert
Le pardon

Donc pas de sang purificateur
Donc pas d’aurore rouge
De feu et de fer ?

Non
Le pardon
Simplement

Et le vivre ensemble
Pour inventer un autre lendemain

Dans l’aurore limpide
D’une terre arc-en-ciel
Au drapeau
Multicolore

Et l’île au loin
Et ses cailloux concassés
Est devenue le musée
De l’espoir invincible

pardon

9

Car
C’est aussi
Le pays de Gandhi
Bien avant le Mahatma

Victime de la loi
De ce monde à part
Interdit de se connaître
Interdit de se rencontrer
Sauf pour être serf
Boy
Espèce d’esclave
Au bas de la table du Blanc

C’est là que Gandhi
A grandi
Pays de barbelés
Où naissent pourtant
Les hommes de paix

Violence étatique
D’une étrange société
Où la cloison fut loi

Mais d’où sortent ceux
Qui sauveront de la honte
Barbare
Le siècle numéro Vingt
Et sa furieuse vanité

O Gandhi
O Mandela
Frères de sang
Frères de paix
Arbres noueux du futur

drapeau

10

Madela

O Mandela
Que mes mots zélés
Bâtissent de leur simple souffle
Ce mausolée de phrases

O Mandela
Aucun temple de marbre
Aucun colosse d’ébène
Ne rendra justice à ta parole

O Mandela
Frère d’âme camarade de sang
Du king Martin Luther
Et des consciences saines érigées

O Mandela
Ma blanchitude de ses vers nus
Tresse le scrupule blanchi
Des sépulcres immémoriaux

O Mandela
Que se lèvent tutélaires les ombres héréditaires
Les fétiches enracinés et de Chaka et de Biko
Et les foules piétinées de Soweto de Sharpeville

O Mandela
Oser dire non est l’apanage du héros bâillonné
Mais seul l’offensé sait offrir un pardon immense
Où se dessine l’arc-en-ciel qui invente l’avenir

O Mandela
En moi bat le tam-tam d’un cœur métis
Leucoderme qu’aimante l’ébène
Mon âme s’émeut d’un soleil mélangé
Où l’Homme n’est ni Noir ni Blanc
Mais le projet libre d’une vie voulue

paysage

juin 26, 2009

BAMBI

Classé dans : Poésie — Paul Yack @ 6:43

6a00c225280d1d8fdb00c2252ab33a8fdb-500pi.jpg

Ce n’est plus un homme c’est un reflet
Un miroir musical où sombrent nos rêves
Ces déhanchements d’antan fous de lumières
Dans la syncope électrisée de guitares qui dansent
Sur les pas de batteries aux cuivres synthétisés

Ce n’est plus un homme c’est une ombre
Une esquisse morbide de cauchemar vidéo
Dans un ballet de zombis chorégraphiques
Où l’image se répare d’un bistouri magique
Dans la charpie féerique des traits refaits

Ce n’est plus un homme c’est une fuite
Une esquive sans fin en un ballet macabre
Où la mort noircie se dessine un rictus
Cicatrice pâle d’une utopie oxygénée
Masquée au fond d’un caisson aseptisé

Ce n’est plus un homme c’est un symbole
Une statue clonesque érigée au culte de Disney
A la culture d’un Mickey mousse qui sourit gris
Au milieu de l’éternel désert revisité
Par de vieux cow-boys anesthésiés

Ce n’est plus un homme c’est une dérive
Presque homo à peine hétéro errant du black au blanc
Supercherie dépygmentée d’une fausse renaissance
Fantasme évanescent au vain parfum de chlorophylle
Epais comme une ancienne pellicule de série B

Et en plus il aime les enfants…

jackson-2.jpg

in “Le Gone”

juin 6, 2009

D DAY

Classé dans : Poésie — Paul Yack @ 9:22

Dday

Sur un vers de Verlaine ils sont venus mourir
Sur une plage veuve encombrée de terreur
Ils ont posé leurs pas au hasard fou des tirs
Ivres de vertige de l’espoir à la peur

Qu’ils furent blacks ou blonds leurs cœurs errent livides
Cow-boys ou Apaches les héros dieux ou diables
Du désert d’Alamo et des sierras torrides
Achèvent leur western inconnus sur le sable

Tombe_Debarquement

Sur la rouille noircie de la fuite du temps
Flotte la hantise de tous ceux qui périrent
Fourmis anonymes d’un combat de titans

Ici le silence blanc de l’armée des croix
La mémoire noire du jamais plus le pire
Et puis ce fol espoir d’un futur sans effroi

Omaha-beach-cemetery

mai 31, 2009

COMA VAGAL

Classé dans : Poésie — Paul Yack @ 10:22

Coma vagal

J’ai reçu
Cette nuit
Le baiser du néant
Il ne m’en restait
Au matin
Qu’un trait de sang séché
Sur les gerçures de mes lèvres

Et si se tirait le trait
Sans point à la ligne
Césure sèche sans hémistiche
D’un vers ivre inachevé
Tombé là d’un seul silence
Au bord d’un chef d’œuvre
En devenir
Qu’un avide évier vide
Comme le sang perdu du temps gaspillé
Comme les fantasmes inassouvis
Que les mots détournent de leur sens
Dans des fanfreluches superfétatoires
Que cisèlent dérisoires
Des détours de style

Traits tirés
Fourbus de croire
Qu’un utopique demain
Ouvrira son énigmatique éclair
Epuisés de rêves à dormir errant
Ereintés d’illusions éventées avec
En prime
L’ironie des clichés déchus
Le grotesque trivial d’un quotidien
D’une banalité crue
Et l’aristocratique ennui
D’un dandy désinvolte
Sur les ruines risibles
D’un âge d’or défiguré
Et ses décombres sans saveur
Du fond d’une insomnie âcre

J’ai reçu
Cette nuit
Le baiser du néant
Il ne m’en restait
Au matin
Qu’un trait de sang séché
Sur les gerçures de mes lèvres

Et si se tirait
Le voleur de vie
L’escamoteur de bonheur
Celui qui mégote son destin ladre
Au bout du rail frigide d’un fade demain
Qui négocie l’aurore des frissons
Soupirantes lèvres du désir pur
Avec le crépuscule convenable
De la médiocrité civilisée
Et de ses cadres stricts où se tapissent
D’anciennes chimères
Devenues femelles hirsutes
Dans le sabbat révulsant
D’un faux duo où se meurt
A petit feu le pot au feu vulgaire
D’un semblant de couple déguisé
Théâtre d’ombres mesquines
Où se dégrise le réel
Où se méprise l’amertume du jour
Où se reprise l’ancienne étoffe
Qui étouffe de naïveté neuve
Ses adeptes entêtés
Secte universelle
Du mensonge noué

Tire ce drap inutile
Qui enveloppe la fourberie sourde
De tant de nuits de silences veules
Où l’unique parallèle est la loi inique
Du non-dit diurne
Et ses absences nocturnes
Désert désuet des amours délités
Qu’enferment deux solitudes
Que lient les convenances
Le cancan couard du qu’en dira-t-on
Les cœurs révoqués qui se sont ratés
Piratent leur cohabitation
Dans des habitudes absurdes
Que des tissus sans plis
Scellent de leur dépit

J’ai reçu
Cette nuit
Le baiser du néant
Il ne m’en restait
Au matin
Qu’un trait de sang séché
Sur les gerçures de mes lèvres

Pourtant toujours m’attire
Ton sourire loquace
Et les souvenirs qui nous tiennent
O mon lendemain inattendu
Oasis du désir réinventé
Océan houleux qui déferle sur
Le sable gris du présent
Et envahit de vie ce qui
N’était que débris de bouts de routine
-Rustine du devoir dû-
Hébété hoquetant de regrets
Je me suis effondré sur tes lèvres
Je me suis coulé en toi
Comme un naufragé
Entrevoit l’île du miracle
Je me suis ancré en toi
Et j’en garde encore
L’odeur de tes frissons sonores
Le parfum fou de nos spasmes
Et le chorus de nos râles de joie
Que ma nuit diurne tressaute
Encore parfois d’avoir tenu
Un instant
L’éparse fièvre de ce que l’on se doit
De nommer
Bonheur

Oh retire-toi spectre radieux
De ce que je n’ai pas
Su retenir
Retire-toi hideuse beauté
Epouvantable amante
Toi qui a su me montrer ce que c’est
Qu’aimer donner conjuguer
Sans fin désirs soupirs délires
Offrir sans réticences sans licences sans tabou
Sans bénédictions sans rhétoriques ni théories
Tout ce qu’un cœur peut donner de son corps
Oh ne vient pas me hanter
Fantôme de ce que je n’ai plus
Je ne suis plus digne de rien
D’autre que le renoncement de soi
Et l’infâme grisaille d’une nostalgie veuve
En litanies et palinodies verbeuses
Je suis redevenu un prêtre d’antan
Avec le sens du sacrifice gravé sur
Une poitrine nue digne de Saint Sébastien

Oh retire-toi de mon demain
Tu es trop pour moi
J’avais dans mon corps la muse réelle
De mon poème concret
Et j’ai biffé ton allégorie vivace
Le souffle de ton image sure
Et les rimes de tes hanches inouïes
Dans le tempo de nos nuits lyriques
Pour mieux me complaire
Dans des élégies de glaire
Qui se traînent vainement
Vers une métrique abstraite
Que ne conduisent que les renvois
Soporifiques de balades mortes
Où grouillent en vers mes regrets
Aussi inutiles que le vide
Qui me tient lieu de vie

J’ai reçu
Cette nuit
Le baiser du néant
Il ne m’en restait
Au matin
Qu’un trait de sang séché
Sur les gerçures de mes lèvres

Pourtant pourtant
Quel trait nouveau pour un portrait radieux
M’ouvre à nouveau ta voix lointaine
Le coquillage hight tech
D’un portable me verse ton rire
Dans mes rêves rajeunis
Et je me remets encore à croire
Que le bonheur n’est pas
Cette escroquerie de dix sous
Qu’on nous vend en pacte nuptial
En cérémonie pieuse pour enfouir
Au fond d’un code de conduite
La muse la fée la nymphe la sirène
La femme parée de rubans de mots
Celle pour qui l’on pose au bout de la plume
Un simple sonnet rose
Pour le tournoi des mots émus
Oh oui revient temps béni des émois secrets
Brisons les chaînes évadons-nous
La carte du tendre n’a pas besoin de GPS
Et nous savions nous y étendre
Pour grappiller pour marauder pour chaparder
Tout ce qui nous semblait bon

Je ne veux pas tirer le trait sur demain
Je veux reprendre ta main
Je veux retrouver le chemin
Celui que tu m’as montré toi
Et toi seule
O fière effraction O péché merveilleux
O ciel tout retourné O morale déshabillée
En même temps que ta liberté contre moi
Nue comme un vers adolescent
Quand je traçais sur le papier
L’effervescence de mes sens soulevés
Oh oui soulève-moi
Enlève-moi
Je ne veux plus planter mes fausses racines
Dans ce terroir étroit et sa glaise qui colle
Envole moi
Je crois encore à la fuite des corps
Je crois encore à ta foi vive
Et nos serments unis dans la chair de leurs mots
Plus forts que toutes les conventions
Que toutes les traces que laissent
Les entraves dévastées du destin
Je crois en toi et moi
Et j’y crois d’autant plus
Que

J’ai reçu
Cette nuit
Le baiser du néant
Il ne m’en restait
Au matin
Qu’un trait de sang séché
Sur les gerçures de mes lèvres
1brancusi

mars 22, 2009

CAPOTE

Classé dans : Poésie — Paul Yack @ 10:03

pape-couvert1
… Et Satan fit du vent
Et le pape de honte rouge
Se capota

mars 21, 2009

Le Conseil de Discipline

Classé dans : Roman — Paul Yack @ 8:37

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L’inscription de Corentin Amougou, élève, venu directement du Cameroun, hébergé par sa tante une “Française noire”, dans le collège de La bièvre perturbe Albin Noireau, le chef d’établissement, renvoie celui-ci vers un passé lointain, quand il était lui-même expatrié comme Volontaire du Service National Actif, au Cameroun. Deux histoires se poursuivent, se chevauchent, sans vraiment se rejoindre : la découverte de l’Afrique par le jeune homme qu’était alors Albin, et la marche “inéluctable” de Corentin vers le conseil de discipline, en dépit des efforts (intéressés?) du Principal pour éviter cette exclusion, cherchant peut-être à retrouver, auprès de la tante de son élève ce qu’il avait râté, autrefois, au Cameroun.
Un seul élève africain, peut-il bouleverser la vie d’un collège bien tranquille d’une région de la France profonde ? Ce roman veut répondre oui à cette question. Sans doute parce que la routine confortable de cet établissement recèle en elle des ferments de violence que l’arrivée de quelqu’un qui ne correspond pas aux critères habituels va révéler.

Jean-Pierre Paulhac cadre éducatif, connaît particulièrement l’Afrique où il a séjourné pendant longtemps. Le Conseil de discipline est son second roman après La porte du non retour déjà aux Editions du Cygne. Il a publié précédemment Dialogue Nord Sud aux éditions Dianoïa ainsi que divers textes de poésie dans la revue “Florilège”

Disponible chez votre librairie, ou directement auprès de l’éditeur

Editions du Cygne
4, rue Vulpain
75013 Paris

editionsducygne@club-internet-fr
www.editionsducygne.com

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mars 14, 2009

HOMMAGE…

Classé dans : Poésie — Paul Yack @ 9:15

91069

Elle s’appelait Gaby…
Elle pleure d’une guitare rauque
Un blues fond de ses yeux fanés
Un vieux film fatigué défile
En noir et gris et en fumée
Sous des projecteurs humides

Joséphine ne veut plus oser
Un étalon fantôme galope
Sur le sable des plages rayées
Les riffs saturés pleuvent
Et la batterie roule du plomb
Sur les pistes de notre jeunesse

Martine pour toujours boude
Et ses lèvres ivres tremblent
Cachées derrière la vitre fermée
D’une vidéo qui se dévide
Lorsque les clopes copines
Se saoulaient de mots dégoupillés

Elvire ne rêve plus
Seule sur son logiciel N°7
Il ne lui reste en parfum
Rien qu’une mémoire vive
Et ses volutes mauves
Sorties d’une voix sans issue

Et nous nous restons sur le quai
Avec un dernier ticket
Pour ce concert inachevé
Nous sommes tous coincés
Dans la même file d’attente
Vers qui sait quel Zénith…

images

mars 7, 2009

OASIS

Classé dans : Poésie — Paul Yack @ 4:06

5 mars 2009

oasis-de-l-agueila

Je suis revenu de l’oasis
Où j’ai bu à satiété
-Mais sans me rassasier-
Le flot velouté de ton verbe
Le flux affolant de tes lèvres
Ton rayon de sourire
Ta perfection plastique à rendre muets tous les pinceaux

Je suis revenu de boire
Et ma mémoire se mue en ruisseaux
Et je meurs de soif sur mes souvenirs
Et je pleure de rage et de regret
De n’avoir plus dans mes bras
Ce présent éternel que je n’ai su garder

Il me reste le désert
Avec sa piètre routine insipide
Et sa morne platitude affligée
La médiocrité stricte de son étroitesse
Un blues si vide qu’il n’a rien à dire
Sinon le même ennui recommencé

Reviendrais-je vers toi ?
M’accorderas-tu demain
L’aumône de ton sourire ?
Je ne suis plus rien d’autre
Que ce mendiant ridicule
Espérant le miracle des miettes
Qui chutent de ton festin
Mais au moins
La moindre parcelle échue de toi
Or aura encore
L’éclat si pur
De cet arc-en-ciel réel
-Cordes courbes
D’une guitare multicolore-
Où s’accrochera têtu mon fantasme de toi

beaute-black

mars 1, 2009

LE CHANTEUR

Classé dans : Poésie — Paul Yack @ 2:27

le-chanteur

Il porte si las sur son dos
Son paquet de vers luisants
Cordes sensibles des guitares
Et de tant de souvenirs fous

Il cache son regard de blues
D’un noir blindé de pudeur
Le miroir de nos vies blasées
Où tournent d’anciens vinyles

Il ne peuple que peu son costume
Mais détient toujours les clés du chant
Epure éthérée du rock acide et placide
Où se mirent encore nos sillons rayés

Sa voix griffée grave de bleu
L’étroit de nos existences ternies
Et la somme de tant d’habitudes bues
Par le simple miracle d’une mélodie

Ombre déjantée
Aux gestes secs
D’albatros sonore
Aux rêves retenus

Sombre compagnonnage
Quand nos silences faisaient licence
Pour tromper le temps perdu
Dans de faux miroirs de jouvence

Longue esquisse dégingandée
De nos mémoires meurtries
Paroles d’exil aux draps lourds
Où sommeillait notre jeunesse

« Gaby O Gaby » « J’écume » « Le dimanche à Tchernobyl»
« Osez Joséphine » « Faites monter » « Ma petite entreprise»
« La nuit je mens » « Madame rêve »« L’irréel »« Vertige de l’amour »
« S.O.S. amor » « Sommes nous »« Résidents de la république »

« S.O.S. amor » « C’est comment qu’on freine »

le-chanteur-2

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