34. PAQUES
Un cierge s’érige où s’insinuent nos prières
Eperdus de passion face au divin calice
Nos corps noués en croix se plient au saint supplice
Quêtant l’extatique résurrection des chairs
in “Parures pour une aurore”
***
71. PENSEES PASCALES
Je n’y puis vraiment rien
Au printemps mon cœur revient
Balbutier les mots lointains
Que des gens chantent un rameau en main
Il me souvient ces pensées de rosaire
-O levée des grains de prière!-
Sanglante et renversante utopie
De la mort à jamais vaincue par la vie
Enfant au chœur sacré je servais
Et l’encens du missel disséminait
Des litanies de lilas des chapelets d’œillets
Au parfum frais de bonté et de paix
O je gémis encore
De me voir à genoux qui implore
Courbé et cerné de soutanes creuses
Etouffoirs ternes des passions pieuses
Or voici donc venu le temps du message
Le fabuleux don de soi le fameux passage
Le mystère pur
De l’éternité sûre
Or voici le sang assassin
Du triomphe pharisien
Abraham ta terre est sacrifiée
Et ton agneau nié !
Or voici ceux qui sans pénurie
Jeûnent et prient
Et qui manichéens
Décident du mal et du bien
Et puis qui tuent
Sans scrupules superflus
Blindés de bonne conscience
Repus de puissance
Crucifixion moderne du païen
Sur l’autel hautain
D’un enfer tout neuf
Pour amputés morts ou veufs
Alors dites-moi
Ces mots d’autrefois
Ceux que je disais à foison
Tout grisé d’illusion
Ces mots si blancs
Ecumant les rêves fervents
De l’enfance révolue
-O colombes naïves de vertu!-
Ces mots dit-on semés
Sur un désert désaltéré
Se seraient donc retournés
En ivraie dévoyée ?
Ces mots d’aube claire
Bombardent de leur bréviaire
Les bénédictions dociles
Pour Marines mortiers ou missiles
Oui tes mots se sont fondus
Dans l’acier cru
Du cynisme trempé des victoires
Aux cimetières remplis de gloire
Tes mots se sont envolés
Dans ce désespoir âcre de fumée
Au-dessus des ruines pillées
Des villes millénaires écrasées
in “Le Gone”
***
37. DICTON
En avril
Ne te découvre pas d’un fil
En effet
Il est refait notre forfait
Ton exil
S’effile sans un coup de fil
C’est un fait
L’amour se meurt à l’imparfait
Volatil
Le désir détourne les cils
Et qui sait
Où soupire ton corps parfait ?
Pense-t-il
A notre chimérique idylle
Feu follet
Qui hante mes nuits sans reflets
Versatile
L’avenir fronce les sourcils
Et défait
Nos sept ciels d’un cinglant soufflet
Printemps vil
Tu mouilles ton mauvais profil
Cris sifflets
Huées vaines sur tes méfaits !
(Fin subtile :
Pour ce poème puéril
Vos souhaits
Viendront choisir le dernier trait)
1
C’est un fait
Il est soldé notre forfait
En avril
Je n’aurai plus tes coups de fil
ou
2
Fol avril
Tant pis si t’a perdu tes fils
Moi en mai
Libre je fais ce qu’il me plaît
in “Parures pour une aurore”
***
Les vers qui suivent datent de bien plus d’un an…
Cette crucifiction, qui n’est pas de fiction, est donc entrée au musée,
de ceux où l’on accroche aux murs les restes d’un bonheur…
En attendant la résurrection de la chair…
31. UN AN DEJA
Ton avion est parti
Sans jamais revenir
Et ton sourire reste à bord
Arrêt sur image
Baiser mordu du remord
Dont la cicatrice balafre ma mémoire
Jusqu’à aujourd’hui je vois
Ta silhouette sûre
Que mes yeux captent
Dans le détour dernier
Du regard humide de son au revoir
Et puis qui se démasque
En adieu
Un an déjà
Sais-tu que ton corps
-O magique souplesse du cœur
Quand tes hanches scandaient
Le gospel d’un paradis nègre
Les transes d’une danse vaudoue
Dont les lancinants chorus
Se fondaient dans nos sueurs-
Est toujours dans l’échancrure sanglante
De mes souvenirs sabrés ?
Un an déjà
Sais-tu que mes mots
Jamais ne t’ont menti
Mais qu’ils sont morts de soif
Au bord de l’océan utopique
Là où sombra
Le vaisseau fantôme
De nos désirs illusoires
Un an déjà
Je crois en toi
O mon amazone
Je sais que debout
Effaçant d’un geste guerrier
Tes larmes masquées
Dérisoire flot de vanité
Tu as vidé
Une nouvelle fois
La calebasse cabossée
Des eaux usées de cet hier faisandé
Et puis déjà pensé à rebâtir
La case nomade
Du lendemain
Un an déjà
Quant à moi
Je me lamente encore sur ce même clavier
Je bégaie toujours les mots futiles du dépit
Tu sais j’ai déjà posé mes pas
Sur tant de ruines
Que je suis devenu une espèce
D’archéologue pervers
Expert homologué
Des amours d’antan
Des horizons dévastés
Des passés élimés
Et d’un avenir de bruine
Où se meurt tout printemps
Un an déjà
Un jour peut-être
Un jour qui sait
Un jour
Le destin
–O celui-là est un drôle de malfrat-
Trouvera marrant
De remettre face à face
Nos vies mal recomposées
Alors nous insinuerons entre nous
Un piteux sourire aseptisé
Comme une virgule superfétatoire
Dans un poème de Guillaume
Un an déjà
Pardon d’avoir frappé
A la porte vermoulue
Des cœurs perdus de vue
Mais sache
Que si mes mots s’enroulent de bleu
Encore –ô pauvre espoir-
Autour de ton doigt
C’est qu’ils sont à la fois
L’évidence du miroir rêvé
Et la vanité veule
De ma vie enchaînée
Mais tout ça
Je te l’avais dit
Il y a
Un an déjà
in “Parures pour une aurore”

Salutations.
merci de cette intervention “chez moi”.
Je me suis permis, concernant les liens de blog à blog de “vous rendre la pareille”.
Le numéro de FLORILEGE qui n’a pas droit aux interventions divines qui permettent par exemple aux cloches d’être toujours à l’heure, est sur le chemin (départ jeudi de Dijon).
Amitiés.
Commentaire par LEVENARD — avril 10, 2007 @ 7:54 |