
La froidure avec ses prétentions poétiques
Métaphorise notre avenir de vœux vides
Le vent nous flagelle de rafales lyriques
Vomissant nos remords en flocons insipides
Chute des illusions que ramassent noircies
Les pelles triviales du petit jour boueux
Le miroir du temps n’est qu’une vitre transie
Sous l’aigre buée de nos miasmes nauséeux
Si l’an deux mille neuf se prétend vraiment neuf
Que ce bel avenir d’espoir plein comme un oeuf
Ne fasse de nos vœux de vieux fantasmes veufs
Terre qui prodigue son sang héréditaire
Eternelles rancoeurs sourdes vendettas qui
Mémoires oppressées des haines séculaires
Tueront toujours dans la même infinie folie
Sur les sanctuaires des livres trois fois saints
Prêtres rabbins imams de leurs dieux pieux soldats
Font du sacrifice final leur seul dessein
Car pour eux cette vie ne vaut pas l’au-delà
Si l’an deux mille neuf se prétend vraiment neuf
Que ce bel avenir d’espoir plein comme un oeuf
Ne fasse de nos vœux de vieux fantasmes veufs
Voici donc la dalle livide de l’hiver
Qui vient sceller de gel mes vers de canicule
Voici le temps des regrets et leur vin amer
Mes aurores soldées pour l’or d’un crépuscule
Voici le rêve encore de croire en demain
Comme les chimères de mes mots maladroits
Dans cet hier déguisé en nouveau matin
Ton sourire remet mon futur à l’endroit
