Sur l’arpège de tes lèvres closes
Ta harpe ouvre son horizon rose
De notes laineuses que tu laisses choir
D’un écheveau à la fois limpide et obscur
Quelle étrange musique me tisses-tu
Où s’éparpillent des parfums celtiques
Que tes patientes mains libèrent d’habileté
De leur ambigüe et douce mélodie de bleu ?
Devines-tu entre deux notes qu’il m’arrive de rêver
D’un air d’autrefois aux longs soupirs d’azur
D’une Ariane mythique filant un fol espoir
Pour vêtir d’utopie mon désert labyrinthe ?
Oui je ne le sais que trop mes fantasmes vains
Meurent de soif quelque part sur une vague plage
Là où l’énigme candide de ton sourire de ciel
Me renvoie le miroir cruel d’une impitoyable amitié

