Un devoir de vacances…
Ici la patience des pierres s’use
Sous les lents silences du soleil
Somnolentes effluves
D’une symphonie verte
Aux houles mauves
Que capte le pinceau du maître
Ici le temps prend la pose
Sur des marbres séculaires
Comme un poème éternel
Où courent les légendes
Ici les violons violets des cigales
Et les archets débridés du vent
Peignent les vignes du vin promis
D’un tanin écarlate
Où s’éclaboussent les crépuscules
Ici les mots s’élancent
Fiers acrobates sans filet
Apostrophes définitives et fugaces
Comme ce loquace mistral
Qui chante dans chaque phrase
Ici on chambre le lendemain
On galéjade les galères du destin
Pied de nez vif pointé sur l’avenir
Le cœur battant comme un carreau de pétanque
Sous l’ombre placide des platanes
Blasés par tant de parties
Ici l’accent marchande sa faconde
Au bout des grappes de la vie
Raisins luxuriants du rire
Que presse l’imagination
Quand passe la mythique arlésienne
Au regard hardi d’olive vive
Sirène sans fard aux houles salines
Parfumée de ciel comme un rêve de sieste
Quand roucoule d’ébène
Le flot dénoué des fantasmes moirés
Moi
Monsieur Brun de circonstances
Je me baigne de mémoire neuve
Et mes vieux souvenirs consumés
Ici reprennent leur fil coloré
Sous l’or pur d’une lumière réinventée

