Mots dits vers

février 25, 2007

SONNETERIE

Filed under: Poésie — Jean-Pierre Paulhac @ 3:10

Ces six sonnets figureront dans le prochain numéro
de la revue Florilège
de l’association Les poètes de l’amitié
N°126 Mars 2007

***
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SONNET DU VIEUX MARIN

Marin d’eau amère au cap décapité
Tu peux souquer ferme la marée se retire
Ta mémoire se perd ce fut un beau navire
Sur ton radeau se rouille un soleil dépité

Je ne suis qu’un pilier sur lequel tient ce bar
Mais je sais la tempête et les pleurs naufragés
Oh faites-moi chanter mes vers sont enragés
Parmi les rocs d’antan mes mots tiennent la barre

Je ne suis qu’un rafiot le cœur en cale sèche
Gréement fantôme où le passé se perche
Sur l’aube chavirée l’épave conjugale

Reviens vieux fou de vent collectionneur d’étoiles
Fausse métaphore qui souffle dans les voiles
L’horizon azuré d’un grand large idéal

in POURMEN ER PENN AR BED
***
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BAR DE NUIT

C’est un bar mal famé un lieu où l’on se perd
Des éclats de bière des canons lourds de mots
Propos bourrés d’affronts à couper au couteau
L’ironie dérape du fou rire au cutter

Châssis blacks rutilants aux capots entrouverts
Sourires de chrome pour fantasmes buccaux
Désir qui débourse pour se faire la peau
Overdose du fric sur les corps à l’envers

Crapules naufragées louches destins en loques
Aigrefins revenus de débines glauques
Faux rastaquouères mercenaires perdus

Au cœur du sordide et des débris du déduit
Ses yeux d’azur soldé viennent mendier sans bruit
Leurs soupirs tarifés de Slave aux nuits vendues

in DEBRIS DITS VERS
***
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AUTOPORTRAIT

Je suis un loup de vers un vieux rameur amer
La vague de mes mots sourit de son écume
Navigateur assis nocturne et solitaire
Je cherche des rimes que le hasard assume

Je suis un vieux voyeur un détrousseur de phrases
J’offre mon verbe nu aux feux noirs de leurs fièvres
Pour fixer d’un texte leurs hurlements d’extase
Quand la métaphore s’exhibe sur leurs lèvres

Je suis un vieux rêveur amant du temps perdu
Je jette au loin l’ombre de mes baisers mordus
Mes pauvres images mon bouquet éphémère

Mais je reste encore ce dévoreur d’espoir
Qui cloue sur le clavier de sa lourde mémoire
Les phrases filantes des étoiles sommaires

in PARURE POUR UNE AURORE
***
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SONNET DE SEPTEMBRE

Allez ! Ramassons les mains coupées du soleil
Plongeons nos yeux clos dans une bruine d’oubli
Parcourons silencieux les sentiers du sommeil
Voici que le temps séché s’éponge de pluie

Allez ! Avançons dans les bois parmi la rouille
Perdons nous sans fil dans des dédales volages
Dans un labyrinthe de regrets en vadrouille
Creusons les sillons sûrs d’un fleuve vers l’étiage

Cendrés d’or et ventés d’odeurs ocres déçues
Vendus aux violons vantards de nos désirs chus
C’est ainsi que nous sublimons nos souvenirs

Feu sur la féerie marron des trois mois mornes
Feu sur les contes de l’avenir qui s’écorne
Feu nos noms sous la pierre du verbe finir

in LE GONE
***
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L’ESPOIR

Aigrefin fanfaron vendeur d’horizons aigres
Carambouilleur rusé de baisers d’occasion
Concussionnaire sûr des amours sous caution
Spoliateur avisé d’un désert de nuits maigres

Arsouille ravisseur des souvenirs en berne
Détrousseur obsédé des désirs dévastés
Escroc au petit pied ivre de volupté
Escamoteur matois des rêves qui hivernent

Malandrin matamore amnésique coquin
Vaurien aux mains vides prodigue galopin
Gibier de potence aux chimères contumaces

Bel illusionniste aux phantasmes de lapins
Cinéaste patient qui garde pour la fin
L’aurore inassouvie d’un sourire en rosace

in LE GONE

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***

L’OUBLI

C’est beaucoup de brumes sur les quais du départ
C’est une promesse que le vent va démettre
C’est un regard qui s’offre un ultime rancart
C’est l’horizon rance qui se farde en peut-être

C’est un mail où s’émaille un cœur en quarantaine
C’est un carnaval de mots en vers déguisés
C’est autant d’appels pour tant de sonneries vaines
C’est le silence des messages dégrisés

C’est un futur absurde où neige le néant
C’est ce rien où survit le reste de mon temps
C’est l’allégorie nue des corps qui se dénouent

C’est l’inutile avril pleuvant mes souvenirs
C’est ton doigt orphelin d’un serment de saphir
C’est ce parfum fané c’est ce miroir sans nous

in LE GONE

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Un commentaire »

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    Commentaire par Madeline Biedermann — janvier 29, 2013 @ 6:25 | Réponse


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