Mots dits vers

avril 15, 2007

FLORILEGE POUR UN ANCIEN VOYAGE

Filed under: Poésie — Jean-Pierre Paulhac @ 3:15

florida.jpg

Il ya là plein de mots mouillés
En vers muets en chansons coites
Aux reflets diaphanes
Comme de timides traces
D’écume tiède issue
De l’essor des vagues
Et de leur lent reflux
De serments émus puis échus
De promesses éperdues puis perdues
De mensonges pieusement
Tapis sur des silences jaloux
De mains qui tremblent et qui se perdent
D’un hier resté si resplendissant
Que tout lendemain se terre
Et se repasse en secret
La vidéo miraculeuse
D’un ancien voyage
Dont on se souvient
Des éclaboussures et des brûlres
Et qui -à jamais- fut beau

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***

VOYAGE EN FLORIDE

couple.jpg

Au supermarché des parfums
J’ai respiré le souvenir
De nos amours sans avenir
Qui ne veulent pas prendre fin
Qui donc a au cap Carnaval
Satellisé ton cœur de verre
Dans une boule de cristal
Qui tourne toujours à l’envers ?

Dès demain
Je gicle en Floride
Pour briser les brides
De ma vie morbide
Dans les flots torrides
De tes reins
Dès demain
Je gicle en Floride
Pour combler les vides
De ma vie avide
Dans les flots torrides
De tes reins
De tes reins
De tes reins

Nos nuits à Paris c’est si loin
Touristes du septième ciel
Toi voleuse de tour Eiffel
Moi profanateur de lieux saints
C’est sur la ligne de tes reins
Que s’enroule mon horizon
L’avenir n’est rien qu’un vaurien
Alors arrêtons l’érosion

Dès demain
Je gicle en Floride
Pour briser les brides
De ma vie morbide
Dans les flots torrides
De tes reins
Dès demain
Je gicle en Floride
Pour combler les vides
De ma vie avide
Dans les flots torrides
De tes reins
De tes reins
De tes reins

pe21_couplea.jpg

***

NOTRE HISTOIRE

sculpture.jpg

Très douée pour la mise en scène
Tu t’étais déguisée en sirène
Ton sourire glissait sur l’eau
Moi je délirais à vau l’eau
A ton premier coup de sifflet
J’étais tombé dans tes filets

C’est notre amour à cache-cache
Bonheur volé c’est notre histoire
Notre miroir notre mémoire
Le lien si fort qui nous attache

Tu m’as caché dans tes cachots
Jeté à l’ombre de ta peau
Ta main m’as mis sous les verrous
Vidé par tes baisers vaudous
Un faux Dom Juan est piégé
Par une liaison sans danger

C’est notre amour à cache-cache
Bonheur volé c’est notre histoire
Notre miroir notre mémoire
Le lien si fort qui nous attache

Ma vie enfer de tes délices
Brûle au secret de tes sévices
Mon corps rompu se plie en quatre
Pour pouvoir sentir ton cœur battre
Quand ma nuit s’arrime à tes reins
Le jour enfin devient serein

C’est notre amour à cache-cache
Bonheur volé c’est notre histoire
Notre miroir notre mémoire
Le lien si fort qui nous attache

Je ne veux hisser mon destin
Qu’au sommet dressé de tes seins
Si je me noie dans tes vingt ans
C’est pour mieux abolir le temps
Amour tant que tu le voudras
Tu feras ton nid de mes bras

C’est notre amour à cache-cache
Bonheur volé c’est notre histoire
Notre miroir notre mémoire
Le lien si fort qui nous attache

nu-de-femme-africaine.jpg

chansons in « Cartes vocales »

***

SONNET

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Je serai ce mendiant qui prostitue sa guigne
Vieux chien qui fait le beau pour tenter ton sourire
Je serai le voyeur de ton corps qui s’étire
Quand pour de nouveaux vins tu solderas ta vigne

Je suivrai impuissant ta reddition indigne
Sans combat mise à sac prise sans coup férir
Ma folie viendra nue supplier tes soupirs
Quand elle aura perdu la trace de tes signes

Pourtant je peux être ton héraut héroïque
Monteur je sais fixer les superpositions
De toi et moi noués dans des clichés épiques

Ma vie pendulaire se secoue à ton gré
Mon cœur de haut en bas frôle la déraison
Par peur de se noyer et sans appel sombrer

absence.jpg

***

AUTRE SONNET

A ma muse qui s’amuse de son silence…

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Ton silence muse c’est cette cathédrale
Où un fidèle prie espérant ta parole
Ce palais fantôme défait de ses symboles
Où un ex-roi bavard se tait dans tes dédales

Cette prison putride au mutisme total
Où je paie mon forfait en refrains qui s’envolent
Ce désert sans verbe que tes secrets désolent
Où je n’ai pour survie que ces vers que j’avale

Mon sonnet meurt de soif face à ce mur sans son
Et mes métaphores tirent leurs pleurs au sort
Sans même que tes yeux y posent leur sanction

Mais muse tu m’apprends la patience du plomb
Son rêve de fusion ce feu mental qui fond
Le métal de mes mots pour orner d’or ton corps

solitude-12.jpg

***

ABSENCE

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Ton silence m’ensevelit
Et le temps dépeuplé s’étend
Comme un inutile pansement
Bâillon sur ma blessure acide
Où se suicident les cicatrices

J’ai bouclé mon portable
Mes oreilles s’ouvrent sur les souvenirs
Beaux comme ces chalets montagnards
Au pied de glaciers blessés
Que le soleil essore en torrents amers

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***

VOYAGE

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Tu en as trop souffert de notre faux soleil
Qui se pollue de gris et se grime de pluie
De nos vies estropiées par le stress ou l’ennui
De nos villes folles aux cris pestilentiels

Tu n’as que trop tardé ta mémoire t’appelle
Elle éblouit de bleu Cotonou qui sourit
Qui suffoque étouffée mais se donne à la vie
Car qui souffre sait bien qu’offrir est naturel

Alors demain tu pars tu vas quitter la France
T’enivrer des odeurs et des sons de l’enfance
Sentir le vent de mer délaver tes déveines

Tu iras raviver nos braises de jadis
Chaque soir qui flambe quand jour et nuit s’unissent
C’est notre amour phénix qui brûle à perdre haleine

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in « vers de toile »

***

RUPTURE

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Ton portable a chuté
Et ta voix s’est éparpillée
En volée de cailloux
Lapidant la buée
De mes baisers sans réponses

Le vent a vidé son sac de griffes
Et tout est tombé
En dessous de zéro
Le temps ne remontera plus
L’échelle de nos bras baissés

Les cuivres usés de notre vieux soleil
En vain envoient leur blues blasé
La clarté du jour meurt sous la batterie
De tes cris martelant notre amour
Et la nuit s’empare de toutes les cartes

Le futur est un glaçon perdu
Qui cherche son verre
Les mots durcissent comme l’eau
L’impitoyable police du gel
M’interdit les larmes

dechirico-xl.jpg

***

RUPTURE 2

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Prendre mon courage à deux vins
Me couler dans le flux
Et y noyer mon futur

Surfer sur la mousse
D’une dernière bière
Et m’asperger de souvenirs

Boire les déboires et croire
Qu’au bout d’une ultime gorgée
S’ouvrent les vannes de l’avenir

Tituber de dépit
Et déchirer les débris de sourires
Qui insultent les photos

Devenir noir pour de bon
Au bout d’un alcool sans appel
Et tomber à mot fermé sur…

… un clavier bègue
Qui la nuit durant
Aura épelé à satiété le mot
Finnnnnnnnnnnnn

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***

RUPTURE 3

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Allez matelot
Du courage
Le Titanic coule
Et ce fut un beau bateau

L’iceberg n’est rien
Que le raccourci du temps
Tôt ou tard l’amour meurt
Comme un grand paquebot

Nous sommes tous sans le savoir
Les passagers clandestins
D’un naufrage programmé

Alors puisqu’il faut couler
Amis
Coulons au moins dans la dignité
Et posons sur la glace
Qui nous perce
Nos larmes
Comme un poinçon de gel
Sur l’éternelle blessure
De nos amours en perdition

sinlagrimasfc1.jpg

***

RUPTURE 4

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L’hiver a ouvert
Son frigo
Rangeons-y nos morceaux d’amour

Au fraiseur
Nos frissons partagés

Au congélateur
Nos moments de bonheur

Un jour peut-être
Nous voudrons remettre
Nos mots d’antan à la même table
Et déplier une nappe neuve de tendresse
Alors nous ferons revenir
Nos chairs nues
Au feu doux des braises du désir
Sous le soleil retrouvé de ton sourire

desertnk8.jpg

***

RUPTURE (fin)

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A présent
Le silence est devenu
Mon ami
Je me couvre de sa ouate
Je m’enferme dans ses replis opaques
Je me terre sous son épaisse parka
Pour ne pas que
Tes mots mortifères
Déchirent plus encore
Les souvenirs qui me restent
Et que je me passe en vidéo
Chaque nuit
Comme le livre d’images magiques
D’un conte de fée auquel j’avais cru

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in « Débris dits vers »

***

TU ES UNE GRANDE DAME A PRESENT

gde-dame-a-present.jpg

Tu sortais du taxi telle une star
Au milieu de la nuit muette et moite
Tu bombardais ta beauté en pleins phares
Déesse nue drapée dans l’écarlate
J’étais si sûr si fier de ma princesse
Seul au bar je savais que dans ma chambre
Tes vêtements tomberaient de tendresse
Pour que je sculpte ton corps d’or et d’ambre

Mais c’est bien loin tout ça
Et tu n’en es plus là
Car
Tu es une grande dame à présent

Ton sourire rendait ma vie sereine
Sur tes seins dressés j’oubliais mon âge
Je rêvais étais-tu fée ou sirène ?
Mais le miracle est devenu mirage
Nos vies ont dévié chacun son chemin
Je serai toujours en manque de toi
Notre hier me va mieux que mon demain
Tu porte(s) un enfant qui n’est pas de moi

Mais ce n’est rien tout ça
Rien que la vie qui va
Car
Tu es une grande dame à présent

yemaya.jpg

chanson in « cartes vocales »

images-91.jpg

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Un commentaire »

  1. Je suis arrivée ici par hasard… Vos vers (votre vie) sont émouvants. Je vous souhaite de continuer à trouver l’inspiration encore et toujours. Et une nouvelle muse ?

    Commentaire par Anne — mars 13, 2011 @ 1:43 | Réponse


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