Mots dits vers

juillet 15, 2007

SOLEILS DIVERS

Filed under: Poésie — Jean-Pierre Paulhac @ 4:34

images-33.jpg

EN GUISE D’AVANT PROPOS

C’est au soleil
Que saignent les souvenirs…

-L’ombre de ta peau
Sous la vapeur trouble
D’un tissu souple
Et azuré
Qui tremble
De désir-

C’est au soleil
Que s’ouvre
La mémoire auréolée
Des sourires en sueur…

-Les yeux fermés
Sur l’intense silence
Des serments secrets
Que la chair noue-

C’est au soleil
Que s’insinue
Le masque d’une
Solitude dégrisée
Aux liens désincarnés…

-Le rêve ou l’illusion
D’avoir un temps
Effleuré les fugaces
Parfums
D’une esquisse
De bonheur-

C’est le soleil
Seul
Qui se souvient de nous

tropiques.jpg

***

images-62.jpg

Soleil

Feu amateur de paille
Bouton du ciel aux piques de pleurs
Sexe voluptueux inondé de fusion
Corne d’abondance sur les plaies du sol
Hurlement de mauve sur la mer aux abois
Œil maléfique qui se garde la famine en désert
Peintre à la chaux des os ravinés par les rapaces
Eternel spot de nos vies masquées
Nudité des cieux aux hardes ouatées de brume
Epée lancinante sur l’ennui des banlieues
Clin d’œil africain sur l’exil des charters
Incendiaire notoire des chevelures de Provence
Amateur de verres pour boire les flammes de l’enfer
Amant des peaux qui s’offrent
Luxure ambrée des amours anecdotiques
Seule parcelle de gratuité de l’été vénal
Fidèle miroir de mes baisers d’autrefois
Ardente lyre qui brûle mes doigts endoloris
Comme ceux de Guillaume
coeur_couronne_et_miroir_avec_portrait_slash2_transparent.gif
Cou tranché que guillotine mon dépit
De la zone à l’ozone
Ta sale couche trouée

in « Ephémérides »

pas-sur-le-sable-1.jpg

***
CANICULE N°2

images-41.jpg

Ce qui fond sur nous c’est un soleil kamikaze
Attila des pêchers bûchers des tournesols
Et nos peaux calcinées qu’un simple souffle embrase
Secrètent en suant sept ciels de parasol

Ce qui nous grille ce sont nos horizons glauques
Notre impossible satiété sponsorisée
Nos vies télévisées nos ardents soliloques
Le nombrilisme de nos fiels pasteurisés

Ce qui nous brûle c’est l’attentat d’un été
La gauloiserie d’une cervoise sans soif
L’explosion salace de nos ébriétés

C’est nous qui nous cendrons des grands soirs de la veille
Barbecue des slogans que l’incendie décoiffe
Nous ne savons que faire du suc du soleil

in « Parures pour une aurore »

images-23.jpg

***

La torpeur du bonheur

A l’ombre de l’arbre tutélaire
Ton corps de mangue offerte
Et l’aurore de ton sourire
Langoureuse évidence au don absolu
Et moites se nouaient nos licences
En un miraculeux secret
Dans la torpeur du bonheur

Or
Le parfum pimenté
De nos sueurs d’antan
Se brûle de larmes
Sur mon maintenant
Eventé

24851.jpg

in « Parures pour une aurore »

***

SUR LA PLAGE

57951.jpg

Elle s’était d’un geste dévêtue
Noire et belle sur le sable étendue
Son corps accueillant l’écume tremblante
Sur sa peau nue au soleil ruisselante

Puis elle a lancé dans son dos ses tresses
Et sa tête renversé d’allégresse
Dans un blanc remous de mousse et de sel
Pour faire don de son sourire au ciel

Puis debout dressant ses seins d’amazone
Elle brise les rouleaux qui résonnent
Et sous la houle ses hanches se cambrent
L’ombre sculpte sa silhouette d’ambre

Sirène à la longue traîne d’ébène
Nymphe fille de la vague soudaine
Ou fée née de la magie des marées ?
Non femme offerte à l’éternel été

in « Jardin d’ébène »

***

SOLEILS

gran_popo.jpg

Une nostalgie de pierre
M’immerge dans un puits de mémoire
Asperge le miroir d’un vieil hier
D’une flaque de sang noirci
Que sirote cynique
Le vampire ivre du temps

(Soleil
Soleil jusqu’à plus soif
Gaspillage d’aurores
Au bord flou des nuits nues
Tamtam languissant
Des corps liquéfiés
Qu’aspirent des baisers
Dans des cris libérés
Hallucinés
D’ébène et d’ivoire
Une liane vive serpente
De son sourire sonore
Au milieu des bruits
Hirsutes
Fracassés
D’un drap essoré
De plaisir échangé
Au djembe mélangé et fou
D’un froufrou magique
Au feu fétiché
De mon cœur entiché
A jamais)

Une nostalgie de sable
Me désespère de soif
Sur le désert des souvenirs
Sur un étang de sel
Où s’altère d’un sommeil sourd
Une agonie asséchée

(Soleil
Soleil déshabillé
Des pagnes dénoués
La statue insensée
De l’amour illicite
Que dévoile
La lubricité ingénue
L’innocence des rires pervers
Les succions de lascive tendresse
L’appel muet des peaux épelées
Au milieu des couleurs brutes
Mosaïque de nos instants lourds
Volés au marché des tissus
Entassés de sourires dévêtus
Dans l’impossible aveu
De nos aurores partagées
De nos fondus enchaînés
De nos secrets pénétrés
De nos promesses encastrées
Moiteurs des matins utopiques
Dans l’évidence aveugle
D’un avenir avorté)

Une nostalgie de marbre
Scelle d’un mot martelé
Sur le demain glacé
Les vers de la fin
Là où se couche la glaise
Des soleils asphyxiés

images11.jpg

in « Le gone »

***

SALSA

images1.jpg

Aspergez-moi de musiques moirées et moites
Pour déboutonner de nacre mes oreilles clouées
Envoyez-moi un mâle soleil rouge et rauque
Pour déshabiller d’ébène ma mémoire timide
Donnez-moi en paillettes une tornade chaude
Pour exsuder d’or ivre le givre de mon ennui
Offrez-moi un vent tressé de palmes vives
Pour secouer de satin la poussière du temps
Hurlez-moi un velours de violons en vrac
Pour fracasser d’ivoire les karaokés dérisoires
Projetez la houle d’un kaléidoscope chaloupé
Pour la mosaïque sonore de mes vagues d’hier
Déchirez-moi de torpeur en corps de cuivres écrus
Pour soulever l’hémiplégie avachie des souvenirs
Galopez sur les bagues bavardes du clavier hilare
Pour creuser de perles l’huître coite du spleen
Osez fumer ces havanitos hardis qui scintillent
Dans l’opacité incandescente des hanches nues
O syncope des statues embrasées de strass
Dans les décolletés avides où s’abolit le vertige
O duos sculptés de confettis jetés à la volée
O danseurs d’éternité noués d’un tempo pimenté
Dans l’onde simultanée des aveux renversés
Que les maîtres queues fassent monter la sauce !

in « Le gone »

plage-de-cotonou.jpg

***

SOLEILS PERDUS

Il y avait un arbre ancien où tes seins pendaient
Comme deux mangues promises
Et j’étais le maraudeur de tes sourires sûrs
Quand j’écorchais de promesses ton âme complice

Dis te reverrais-je un jour ?

Il y avait l’ombre amie où l’ébène murmurait
Comme une mélopée en sueur
Et j’étais un chasseur d’aurores rares
Quand je crucifiais de serments nos secrets assouvis

Dis te reverrais-je un jour ?

Il y avait une case où mon cœur cueilli saignait
Comme un mil humilié qu’on pile
Et j’étais captif conquis à ta guerre
Quand je me rendais à ton corps asservi

Dis te reverrais-je un jour ?

Il y avait un soleil où fondait le miel de mes mots
Comme un poème de paume ouverte
Et j’étais le griot de ta beauté volubile
Quand je m’agenouillais pour la sculpter de chants

Dis te reverrais-je un jour ?

Il y avait un ciel où ta peau s’éparpillait de perles
Comme une infinie tendresse assoiffée
Et j’étais l’accidenté d’un désert d’Occident
Quand je m’abreuvais du mirage fou de l’avenir

Dis te reverrais-je un jour ?

Il y avait un océan où Vénus nue tu naissais
Comme une éternelle allégorie d’écume
Et aveugle j’étais le peintre apprenti
Qui n’embrassait que le sel de nos étreintes

Dis te reverrais-je un jour ?

Il y avait un bonheur où tu étais muse et musique
Comme une mélodie de tresses fines
Et moi je n’étais que le fanfaron jouet
Que ballottait le destin de son rythme ironique

Dis te reverrais-je un jour ?

black-7.jpg

in « Le gone »

***

SOLEILS PERDUS (2)

Il y avait un arbre où je cueillais tes seins
Comme deux mangues promesses de nos prémisses
Et j’étais maraudeur de tes baisers mutins
Quand j’écorchais de serments tes hanches complices

Te reverrai-je un jour
Sirène sans retour ?

Il y avait l’ombre où nue se lovait l’ébène
Comme une mélopée de sueur alanguie
Et j’étais ce vieux chasseur d’aurores obscènes
Quand je crucifiais notre secret assouvi

Te reverrai-je un jour
Sirène sans retour ?

Il y avait une case où mon cœur cognait
Comme un mil humilié qu’on pile sans merci
Et j’étais captif pris par ton regard sagaie
Quand je me rendais à tes désirs asservis

Te reverrai-je un jour
Sirène sans retour ?

Il y avait un soleil où fondaient mes mots
Comme un poème de paume ouverte au couchant
Et j’étais griot pour ta beauté sans échos
Quand je m’agenouillais pour la sculpter de chants

Te reverrai-je un jour
Sirène sans retour ?

Il y avait ta peau mon ciel perlé de pluie
Comme un Sahel humide assoiffé de soupirs
Et j’étais l’accidenté d’un Occident fui
Quand je buvais le mirage de l’avenir

Te reverrai-je un jour
Sirène sans retour ?

Il y avait une mer où tu naissais nue
Comme une allégorie ourlée d’écume coite
Et aveugle j’étais l’apprenti peintre ému
Qui n’embrassait que le sel de nos nuits étroites

Te reverrai-je un jour
Sirène sans retour ?

Il y avait dans l’air l’effigie du bonheur
Comme une muse lascive mue de musique
Et moi je n’étais qu’un pantin bonimenteur
Que le destin bernait de son rythme ironique

Te reverrai-je un jour
Sirène sans retour ?

Les souvenirs sont sourds
Ma mémoire à rebours
Le passé sans recours
Mes rimes sans secours

Sirène sans retour
Tout meurt au fil des jours

black-15.jpg

in « Le gone »

***

Publicités

Laisser un commentaire »

Aucun commentaire pour l’instant.

RSS feed for comments on this post. TrackBack URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :