Mots dits vers

décembre 22, 2007

TRACES D’ETOILE

Filed under: Poésie — Jean-Pierre Paulhac @ 10:04

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Petit hommage immodeste
A Bob Dylan
Dont les mots restent des étoiles
Qui ont laissé en moi
Des traces ardentes brûlantes
Et qui dureront plus
Que nos dérisoires tourments

***

1. DON’T THINK TWICE IT’S ALL RIGHT

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Suis-je jamais parti ?
Et pour quelle aube ?
Embuée de ses remugles
De tant de brumes tristes

Suis-je jamais parti ?
Dans la quête trouble
Des tourbes de ma mémoire
Vers un virtuel moi-même ?

Suis-je jamais parti ?
Pour encore mieux brûler
D’un incendie de brousse
Sur les cendres du souvenir ?

Suis-je jamais parti ?
Ulysse dépourvu d’épopée
Ta sourde Odyssée sombre
Dans des écueils de mots naufragés

Suis-je jamais parti ?
Pour têtu revenir sur
Le virginal sentier
D’une unique rupture

Suis-je jamais revenu
De toi ?
Dès notre aurore enfuie
De nous

***

2. LOVE MINUS ZERO NO LIMIT

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Oasis miraculeux
De ta peau sur mes lèvres
El ton sourire escalade
Mon désir sans vertige

Inutilité du temps
Quand il nous vend
Ses fragrances d’espoir
Juste comme ça en passant

Et les mots tombent
Comme des fleurs coupées
Sur les serments des amazones
Spasmes bavards des liesses

Que reste-t-il de nous ?
Quelles traces sur le sable ?
Quel parfum nomade ?
Quelle voix sur les ondes ?

Alors demandons-nous
Ce qui reste du soleil
Au bout des braises d’été
Sur les peaux du retour

***

3. IT’S ALL OVER NOW BABY BLUE

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C’est fini
Cette fois c’est fini

Tu peux reprendre mes rêves
Et les ranger dans tes greniers
Tous mes poèmes ressassés
Et les jeter derrière toi
Mes mots tressés pour toi
Mes strophes ardentes de désir
Mes rimes insolentes d’espoir
Il vaut mieux les brûler
A quoi bon t’habiller de moi
Tu ne m’as connu que nu
Tu peux emporter si tu veux
Quelques photos jaunies
D’un ancien épisode
De tes amours à revendre
Il faut fermer ton portable
La messagerie sera coite
De mes mots gaspillés
Que tu balançais sans peine
Dans la nuit des réseaux
Ne perd plus ton temps on t’attend
Les chapardeurs de bonheurs
Les vagabonds en dérive
Et leurs promesses éventées
Savent que leur tour est venu
Tu n’es plus que ton reflet
Tu étais reine et je l’ai cru
Mais toute couronne choit

Et cette foi c’est fini

***

4. LIKE A ROLLING STONE

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Sirène miraculeuse
Improbable nymphe
Née de mes mains
Ramassée sur la plage
Tes lèvres sur mes rêves
Mes murmures sur ton mythe
J’ai escaladé le ciel
Bien plus de sept fois
Avec les ailes agiles
De tes hanches dociles
Et nous appareillions
Vers des nues inouïes

J’ai été souverain
Héros people
Acteur heureux
Barde inspiré
Et je tombe
Dans le vulgaire
Souvenir fade
Comme un vers
Dénudé de rimes
Qui s’abîme
Dans l’obscure fange
Du sens commun

Pourquoi
Tu n’appelles pas
Pour me dire
Au moins
Que tu vis bien
Surtout sans moi ?

***

5. JUST LIKE A WOMEN

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Larmes d’harmonica
Sur les premiers revers
D’un cœur débutant
D’un soupir débouté

Larmes d’harmonica
Sur les yeux muets
Des mots toujours tus
Sur l’innommable désir

Larmes d’harmonica
Sur les mains timides
Camouflées d’effroi
Devant leurs fantasmes

Larmes d’harmonica
Comme une pluie complice
Sur les replis secrets
Des amours mort-nées

Larmes d’harmonica
Qui versent encore
Leurs regrets rances
De tant de débuts ratés

***

6. I WANT YOU

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Si le saxophone pleure encore
C’est d’une montagne rêvée
Où accouchent les souris
Et tant de cailloux plombés

Qui pleuvent encore
Dans un fracas de porcelaine
Faïence meurtrie
Esquisse effacée

Et les visages des gestes
Lenteurs déshabillées
Des torpeurs qui tremblent
Dans l’aube des lendemains chus

Or tu regardes derrière
Et les traces de tes pas
Sont des fragments d’étoiles
Où s’abreuvent les mots que je lance

***

7. ALL ALONG THE WATCHTOWER

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Tourne métaphore
Parabole mystique
Des mystères d’hier
Quand demain se cherche

Cow-boy au lasso électrique
Armé d’une guitare incendiaire
Black hirsute qui blackboule
L’hymne étoilé désacralisé

Dans des stridences de fouet
Où dansent de peur les fantômes
Quand explose l’apocalypse jaune
Du fond des jungles napalmisées

Or le vent hurle toujours
Jimmy aux revolvers de volt
Et le ciel flambe encore plus fort
Fleuve pourpre d’une même mort

On vend des versets en arpèges
Le riff nouveau nous éclabousse
De prophètes aux spasmes divins
Vers des paradis sanguinolents

Plus besoin de tour de guet
Plus rien ne vient à l’horizon
Juste le brouillard effrayant
De l’allégorie folle d’anciennes peurs

***

8. TANGLED UP IN BLUE

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Embrouillé emberlificoté
Dans tant de bleus de blues

Je me suis pris les pieds
Dans les rails de la guitare
Et le tapis ne vole plus
Sur des rêves qu’on a crus

J’ai tant ouvert les bras
Pour rattraper le temps
Tenir un instant le feu
De la seule étincelle vivace

Quand le soleil abdique
Et que la nuit absout
De ses voix voilées
L’essence de l’être

Mais jamais ne dure
Ce que l’on croit tenir
Et les bras ne s’ouvrent
Que sur leur ombre

Alors je me perds
Entre le confort acre
D’un foyer où brûlent
Les cendres d’avant

Quand on mordait
Au soleil les frissons
Des fruits de la passion
Et leurs râles en roulis

Tant de bleus
Tant de blues
Embrouillés emberlificotés
Ensablés échoués

***

9. SISTER

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Croire un jour
Que l’on peut
Une fois la guerre
De l’amour
Achevée

Penser un moment
Que la paix
Après les étreintes
Et leurs griffures
Sans pitié

Que le sourire
En un instant de diamant
Illumineront
Les amants déchirés
Revenus
De leurs nuits
D’autrefois

Rêver
Que les mains
Qui avant
Se serraient
Dans la sueur des râles
Communiés
Epuisés d’eux mêmes
Séparés

Puissent se rencontrer
Sur un rivage neuf
Et s’offrir le chaste baiser
D’une amitié veuve

Mon irréelle sœur
Est-ce une utopie ?

***

10. KNOCKING ON HEAVEN’S DOOR

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Si je frappe à cette porte
Qui me répondra ?

J’ai perdu le chemin
Du jardin d’antan
Les paraboles ont sombré
Dans leurs mensonges

J’ai déchiré le rosaire
Où l’on voulait m’enserrer
J’ai soufflé les bougies
De mon enfance bernée

Je ne sais qui répondra
A mes mots sur la porte
Au bout de l’arche de nuit
Où se love l’ultime néant

Mais je sais que la mort
Que la haine impie
Que le sang versé
Sont nés des Livres

Saints sont ils ?
Au bout de quel verset
De quel psaume de quel vœu
Les souffrances s’effacent ?

Cléricature obtuse
Prophète de malheurs
Prêtres et prélats divers
Vous avez ruiné vos temples

Si je frappe à cette porte
Qui me répondra ?

in « Tribute to Bobby »

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Un commentaire »

  1. Salut
    Merci pour ce vibrant hommage à une personnalité universellement reconnue dans le domaine de la composition artistique et de la chanson populaire!
    Je vous souhaite une bonne continuation
    Au plaisir de vous lire
    Amitiés
    Zalhoud

    Commentaire par Farid Mohamed Zalhoud — janvier 30, 2008 @ 8:40 | Réponse


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