Mots dits vers

mars 23, 2008

RESURRECTION

Filed under: Poésie — Jean-Pierre Paulhac @ 10:29

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Vers pour des Pâques païennes…

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Et si -sans rêve- l’on se revoyait ?
Et si le miroir humide se renversait ?
Et si les traces aveugles et mouillées
Sur le marécage lourd de mes mots
Pouvaient enfin se dissoudre
Pouvaient enfin se fondre
Dans la glace épuisée de nos silences
Et de leurs tamis de débris cristallins
Aux faux airs de diamants frelatés
Piteuse contrefaçon
De mes larmes éparpillées ?

Je n’ai repris que l’écho de ta voix
Je n’ai repris que l’air de ton rire
Et quelques photos rassises aussi
Je n’ai que des fragments sonores de toi
Et ma chambre noire ouvre sa fresque immense
Et ses clichés aux flashs ravivés
Qui soudain reviennent m’éclabousser
Flot écarlate pellicule vive diaporama d’étoiles
Au cœur opaque d’une nuit moite
Eternellement dédiée à ta beauté
O mon immatérielle statue
O mon naufrage aboli
O mon seul et réel poème

L’harmattan se tait
Et pose son souffle sur
Le vent veuf des souvenirs
Ressuscités

O amour sais-tu que c’est Pâques
Et voici que demain à nouveau m’appartient
Car ce demain se tisse de tes promesses
Et je drape mon unique espoir
Dans des lendemains de peaux nues
Comme il y a tant de temps
Comme hier
Comme toujours

Oui je te redirai ce même mot
Oui je reprendrai tous mes vieux mensonges
Et je les rhabillerai de serments vierges
Le moment venu d’effeuiller nos vêtements
Pour nous retrouver seuls en nous
Là où toute vie se rend
Là où la mort se tait
Et réinvente le bonheur
-Etincelle fugitive-
Là où tout chavire
O mon navire fantôme
Dans ta houle retrouvée
Et se perd mon mât hardi secoué
Dans tes hanches avides d’océan
O instant d’ouragan qui tempête partout
Marins intrépides perdez vous
En cette mer suave où se lave
Dans des remous d’écume heureuse
Toute la fadeur du gris délavé
Que se doivent d’avaler nos jours usés
Désabusés d’ennui languide

Oui je reviendrai vers toi
Et mes mots en bouquets lucides
Se poseront en sept sur tes ciels
Et n’auront d’envie unique
Que de se faner de fatigue
Sur ton corps rassasié de baisers

Oui je reviendrai vers toi
Et je ne prendrai de toi
Que ce que ton désir voudra
Je serai ton valet au cœur servile
Ton féal sujet ton serf docile
Courbé de respect actif
Devant ton sanctuaire intime
Où l’encens se liquéfie en spasmes
Dans le chorus sacré des sens exacerbés
Je veux revoir le mausolée de tes seins dressés
Sur l’oriflamme brûlante de ta peau
O mon authentique terre promise

Je ne serai que ton second
Au secret de ta polyandrie assumée
Ton amant masqué au détour tortueux
D’un mail codé cheminant
Sans GPS sur ta carte du tendre
Au hasard éperdu de mes paumes
Au hasard affolé de mes frissons
Et des visas délivrés par tes sourires
Sur le pont inouï de tes soupirs

Oui mon destin pâle est d’être
Un simple reflet
De l’ébène resplendissante
Que ton corps sculpte chaque nuit
Vers l’horizon impensable
-O sirène de ma mémoire-
Que tu m’offres à nouveau
Et vers lequel je reviens
Comme à Canossa un roi vaincu
Seul et nu
Dans le plus simple appareil
De la lumineuse évidence
D’un pur sourire du soleil

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