Mots dits vers

février 1, 2009

DEUX BALLADES

Filed under: Poésie — Jean-Pierre Paulhac @ 1:56

rose-23

QUAND DONC REVIENDRA LA SAINT VALENTIN

Quand donc reviendront les muses d’antan
Ardentes sensuelles et lascives
Qu’un simple vers hissait au firmament
Rimes de couleur aux musiques vives
Palette de mots qu’un parfum caresse
Mer que soulève un pinceau florentin
Pour que de l’écume une Vénus naisse
Quand donc reviendra la Saint Valentin ?

venus-b

O Louise soyeuse lyonnaise
Eprouvée d’amour éperdue de mots
Ta lyre si tendre aux sonnets de braise
A noué en moi ses tristes joyaux
Et vous Madame Récamier en pause
Eternelle sur ce sofa hautain
Epaules nues où mes soupirs se posent
Quand donc reviendra la Saint Valentin ?

Et vous mes princesses déchues d’avant
Lorsque le temps fou nous ouvrait vos lèvres
Quand nos baisers s’éparpillaient aux vents
Nous dilapidions nos frissons nos fièvres
De vous qui fûtes nymphes fées fantasmes
Fol amour faux serment vierge ou catin
Il ne me reste en refrain qu’un sarcasme :
Quand donc reviendra la Saint Valentin ?

Prince oyez mes drames du temps jadis
Beautés qui avez frôlé mon destin
Je viens vous chanter ce de profondis :
Quand donc reviendra la Saint Valentin ?

marie-laurencin

Poème lu à l’Espace Montpezat, le lundi 23 février 2008, dans le cadre du « Lundi des poètes » de la Société des Poètes Français
***

AU FIL DE L’EAU

au-fil-de-leau

Nos regrets nos remords embrouillés de déboires
Tous nos regards perdus leurs regains de mémoire
La fontaine où l’on a cru bon de ne pas boire
Tous ces patients secrets que bouclent les armoires
L’oubli témoin muet des anciennes défaites
L’horizon où sombre un soleil souillé de sang
Comme un poinçon de feu sur un cœur en retraite
Tout part au fil de l’eau tout meurt au fil du temps

Cette absence immense qui tapisse ma vie
Les fresques déchirées dans les ruines d’un temple
Tous ces pas égarés dans un désert d’envie
Mes souvenirs rayés bègues comme un vieux sample
Les musiques d’antan et leurs refrains amers
Mots usés qui posent des rimes sur mes maux
Vers versés en baume sur les plaies de naguère
Tout meurt au fil du temps tout part au fil de l’eau

chasseriau_venus

Ta beauté qui danse dans nos nuits débridées
Nos gestes de délire aux longs silences moites
Nos complicités nues aux torpeurs exsudées
Nos râles partagés dans l’opacité coite
Jusqu’à ce que l’aube se rhabille de ciel
Et nous offre en bleu pur son chef d’œuvre éclatant
Comme un espoir crédible au poème éternel
Tout part au fil de l’eau tout meurt au fil du temps

Prince maître du temps le flux le flot l’eau vive
Submergent nos serments nos moments nos tourments
A ce simple verdict il faut donc qu’on souscrive :
Tout part au fil de l’eau tout meurt au fil du temps

beaunebeni

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Un commentaire »

  1. elle est canon !

    Commentaire par 1 — juin 14, 2010 @ 3:11 | Réponse


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