Mots dits vers

avril 24, 2013

AVARIE

Filed under: Poésie — Jean-Pierre Paulhac @ 8:34

avarie 1

Je suis sous une pluie de pleurs acides
Qui détrempent le labyrinthe opaque
D’un destin à la cécité stupide
Au point de me crucifier pour mes Pâques

Je m’agite comme ce cher Guignol
Qui va de guingois ivre d’être seul
Et qui grave ses mots chargés d’alcool
Sur un triste calendrier bégueule

Oh ! j’ai beau agiter mes vers en vrac
D’un délire de rimes éculées
La rancœur du temps bégaie son tic tac
Remontée telle une bombe amorcée

J’offre le virtuel de mes caresses
A des reflets sans la moindre illusion
A des feuilles oubliées de détresses
Abandonnées d’anciennes frondaisons

Ce n’est plus l’époque de croire encore
Que le ciel va soudain s’ouvrir en bleu
Pour mieux illuminer de ses aurores
Nos risibles lendemains sans enjeux

Oh ! mon temps est-il donc vraiment fini ?
Je me souviens d’anciens frissons d’ébène
De soupirs vaudous aux nuits d’interdits
Où êtes-vous mes obscènes sirènes ?

Or je n’ai plus rien que mes piètres mots
Que je sème comme un petit Poucet
Sur les souvenirs de tous mes sanglots
De tous mes remords de tous mes regrets

Avarie2

Adieu donc mon vieux soleil au cou veuf
Je déserte les chemins de l’espoir
Pour mieux me terrer devant les jours neufs
Avec pour unique ami mon miroir

Oui je ne vois plus désormais que moi
Tout au fond du dédale virtuel
Dans la foule de ces orphelins cois
Qui vont la nuit se pendre aux logiciels

Je ne cultive en moi que des images
Entêtées tenaces presque immortelles
Qui me brûlent au-delà de mon âge
Et qui prouvent ces vives étincelles

Que j’ai tant mordues dans ma pauvre vie
Qu’il ne m’en reste que bien peu de tranches
Pour soulever à nouveau mes envies
Quand ravivé le désir se déhanche

Et qu’il se prend à croire à l’impossible
Aux sourires des photos de mémoire
Pour m’inventer un avenir crédible
Sur les ruines des bonheurs dérisoires

Allons tiens toi debout vieux capitaine !
Ton bateau n’est pas échoué au port
Et toutes ces tempêtes qui te peinent
Sont là pour braver ce coquin de sort

Tu ne peux te lamenter égaré
Au cœur aride d’un désert de vagues
Alors qu’il te faut toujours espérer
Un horizon pur que le vent élague

Oui le futur est tout ce qui te reste
Et sur l’immensité de cet espace
De vent d’étoiles d’océan céleste
Ton seul devoir est de laisser ta trace

Pose tes mots sur la pause du temps
Et vois venir tes lentes métaphores
Sur l’impavide et insomniaque écran
Que gonfle un vrai souffle versicolore

Sois donc toi-même admets la fin des jours
Contemple tout ce que tu as pu vivre
Et déploie ta voile en vergues d’amour
Pour les quatrains d’un nouveau bateau ivre

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