Mots dits vers

CARTES VOCALES (1985-…)

SOMMAIRE

Chansons sans musique
1. Pointe-Noire
2. Na lingui yo
3. Rencontres
4. Sur la plage
5. Les jeunes filles
6. La bière
7. Café noir
8. Mauritanie
9. Saint-Louis
10. Déguerpis
11. Petite perle peulhe
12. Un jour tu partiras
13. Je t’ai trop aimée
14. Saint-Louis blues
15. Tout s’enva
16. Sirène
17. Porto-Novo
18. Vague à l’âme
19. Clandestin
20. Jardin d’ébène
21. Amours hanséatiques
22. Métisse
23. Chute libre
24. Chanson triste
25. Voyage en Floride
26. Flo
27. Notre histoire
28. Cellulaire
29. Chansons de cendre
30. Mais toi tu me dis
31. Dans ce train qui t’emmène
32. Prends soin de mon amour
33. Quand tu reviendras
34. Comment fais-tu ?
35. Strasbourg
36. Aveu
37. Jeu de l’oie
38. Trouver la sortie
39. Nuits
40. Coda
41. Adultère
42. Tu fais silence
43. Je reviendrai
44. Fait d’hiver
45. Déclaration
46. Tu es une grande dame à présent
47. Le bonheur
48. Il y a toi (été 2006)
49. Sorti de toi
50. Restes d’automne

***

Chansons sans musiques…

L’ailleurs mes yeux s’y sont usés
Tant d’horizons si peu d’escales
J’aurais pu promeneur blasé
Vous offrir des cartes postales

Mais mon cœur mauvais voyageur
Ne peut voler sans se poser
Et cultive entre rire et pleurs
L’écho lointain d’anciens baisers

Alors ma mémoire m’envoie
Des bouts de mélodies bancales
Qui poussent des mots sur ma voix
Les voilà mes cartes vocales

images8.jpg

***

1. POINTE-NOIRE

images-15.jpg

Accablée par le soleil
Nonchalante tu sommeilles
Sur le sable de tes plages
Mi-mondaine mi-sauvage
En dépit du vent du large
Qui s’essouffle sur tes barges
Tu refuses ce voyage
Qui voguait vers l’esclavage
Et tu rêves d’une gare
D’un vrai retour sans départ
Pointe-Noire

Ton wharf en vain tend la main
Pour cueillir quelques embruns
Tes Venus à demi nues
Offrent leurs corps à l’écume
Si peu filles et déjà femmes
Elles vivent de tes vagues
Sirènes sans le savoir
Rire(s) éclaboussant le soir
Et tu rêves d’un regard
Ebène sur fond d’ivoire
Pointe-Noire

Ta vie n’est pas toujours drôle
Quand s’écroule le pétrole
Ta « cité » le trente et un
Confond la faim les moyens
Mais la nuit ton rythme invente
D’infinies danses savantes
Pour faire rire les ventres
Faire naître les enfants
Ce sont ces fruits du hasard
Qui poursuivront ton histoire
Pointe-Noire

images-25.jpg

***

2. NA LINGUI YO

Elle portait des tresses perlées
Rebondissant sur sa peau ambrée
Elle avait fait ses yeux couleur fauve
Et le fard laissait des lueurs mauves
De ses joues rondes de femme enfant
S’évaporait un parfum brûlant

Na lingui yo
Ca veut dire je t’aime
Dans une langue du Congo

Elle buvait une bière au bar
Le corps encerclé par les regards
De ceux qui buvaient ses formes sous
Sa robe légère aux reflets flous
Son sourire promettait l’ivresse
A ces mateurs en mal de tendresse

Na lingui yo
Ca veut dire je t’aime
Dans une langue du Congo

Elle avait dû quitter Kinshasa
S’en aller son enfant sur les bras
Fuir loin de la case de sa mère
Pour s’échouer au bord de la mer
Et là toutes les nuits elle danse
Offrant son sourire en récompense

Na lingui yo
Ca veut dire je t’aime
Dans une langue du Congo

tresses-black.gif

***

3. RENCONTRES

Du fond de la musique noire
Entre batterie et guitares
Sous ses pas naissaient des désirs
Qu’elle annulait de son sourire
Ses hanche(s) écorchaient ta mémoire
Alors tu l’invitas à boire
Pourtant tu n’as pas su oser
Au bout du baiser refusé
Le goût du whisky fut amer
Elle buvait dans d’autres verres

Juste une égratignure
Un début de brûlure
A peine une écorchure
Simplement une aigreur
Un pincement au cœur
Et malgré tout tu pleures
Tu souris mais tu pleures

Puis le saxo souffla son or
Alors la nuit noua les corps
Cet obscur décor un peu glauque
Où somnolait une voix rauque
Tissait un voile noir complice
Tu y vis le moment propice
Son corps vibrait entre tes doigts
Ta joue frôlait sa peau parfois
Mais là tapi dans l’ombre vaine
Il attendait qu’elle revienne

Juste une égratignure
Un début de brûlure
A peine une écorchure
Simplement une aigreur
Un pincement au cœur
Et malgré tout tu pleures
Tu souris mais tu pleures

Enfin la nuit ferma les yeux
En vous abandonnant tous deux
Ecartelés sur ce lit sale
Pour un instant d’amour banal
Tu entras dans ses yeux brûlants
Sa chair lasse ses gestes lents
Son corps ouvert t’était offert
Experte elle se laissait faire
Le temps que tu te rendes compte
Qu’elle vivait de ses rencontres

Juste une égratignure
Un début de brûlure
A peine une écorchure
Simplement une aigreur
Un pincement au cœur
Et malgré tout tu pleures
Tu souris mais tu pleures

night-club.jpg

***

4. SUR LA PLAGE

57951.jpg

Elle s’était d’un geste dévêtue
Noire et belle sur le sable étendue
Son corps accueillant l’écume tremblante
Sur sa peau nue au soleil ruisselante

Puis elle a lancé dans son dos ses tresses
Et sa tête renversé d’allégresse
Dans un blanc remous de mousse et de sel
Pour faire don de son sourire au ciel

Puis debout dressant ses seins d’amazone
Elle brise les rouleaux qui résonnent
Et sous la houle ses hanches se cambrent
L’ombre sculpte sa silhouette d’ambre

Sirène à la longue traîne d’ébène
Nymphe fille de la vague soudaine
Ou fée née de la magie des marées ?
Non femme offerte à l’éternel été

***

5. LES JEUNES FILLES

picasso.jpg

Ophélie
Fait son lit sourde à tes promesses
Elle oublie
Tous tes mots troublants de tendresse
Et délie
De ses longs doigts ses lourdes tresses
Et ta nuit
Est un port où tu noies sans cesse
Ta détresse
Car toi ventripotent plein de bière
Faut-il encore que tu espères ?

Natassia
De ses doigts souligne ses cils
Elle noie
Son émoi d’une larme habile
Elle croit
Que l’amour n’est qu’un feu futile
Et ton drap
Est l’écran d’une nuit débile
Inutile
Car toi ventripotent plein de bière
Faut-il encore que tu espères ?

Mélanie
Met la nuit ses trésors en gage
Et déplie
De ses seins le simple voilage
Et s’enfuit
Dans les bras de son rêve sage
Et l’ennui
Ennemi t’emmène en otage
Sur ses pages
Car toi ventripotent plein de bière
Faut-il encore que tu espères ?
Pourquoi veux-tu vieux cœur en guenilles
Rêver à l’ombre des jeunes filles ?

black-10.jpg

***

6. LA BIERE

beer-glass.jpg

Fille du nord aux cheveux blonds
Née quelque part au plat pays
Entre blé maïs ou houblon
Là où le sol saoulé de pluie
S’abîme dans la mer
Avec ton col blanc de dentelle
Comme une caresse d’écume
O pétulante demoiselle
Dans ton col ouvert se consument
Les feux de nos déserts

La bière
Amère mais légère
La bière
Si claire mais peu fière
La bière

Ma brave cervoise gauloise
Compagne des fêtes viriles
Toi qui donne le goût des phrases
Quand pour fuir ce monde futile
On se noie entre frères
Tu promènes dans tes roulis
Les relents des marées lointaines
Des chants de marins malappris
Des fille(s) aux jupes peu hautaines
Qui dansent pour un verre

La bière
Amère mais légère
La bière
Si claire mais peu fière
La bière

Femme des berges de brouillard
On t’asphyxiait dans la fumée
Des pubs pleins d’un peuple fêtard
Alors ton corps évaporé
A conquis l’univers
La taverne aux fraîches gretchen
Les filles fleur sur leur sofa
Les statues cambrées dans l’ébène
La sirène aux cheveux de soie
Le monde est dans ton verre

La bière
Amère mais légère
La bière
Si claire mais peu fière
La bière

***

7. CAFE NOIR

hart-smith.jpg

Si t’as la trique en Afrique
Faut savoir rester rigide
Pour ne pas perdre la pêche
Faut pouvoir garder la ligne
Si t’as de la nana fraîche
Cache ta feuille de vigne
Mets la banane en friction
Pour faire rougir le lion

Ne veux-tu pas
Un peu de Cognac
Dans ton café noir ?
Si !
Ou bien au choix
Un doigt de vodka
Dans ton vin de palme
Da !
Si ! Da !
Le cri fou du singe vert
Au fond des bois
Wa wa
Le cri fou du singe vert
Au fond des draps
Wa wa

Sous les pavés l’enfer vert
Les forêts ne sont plus vierges
Missionnaire plein d’intentions
Faut tenir la position
Top modèle anthropophage
Ton ivoire prend la rage
Trafiquant t’es sans défense
Elle a mis le mors aux dents

Ne veux-tu pas
Un peu de Cognac
Dans ton café noir ?
Si !
Ou bien au choix
Un doigt de vodka
Dans ton vin de palme
Da !
Si ! Da !
Le cri fou du singe vert
Au fond des bois
Wa wa
Le cri fou du singe vert
Au fond des draps
Wa wa

Détends toi docteur Schweitzer
C’est l’examen de minuit
Bel étalon sans litière
Où est le corps du délit ?
Aux rapports les infirmières !
Et n’oubliez pas l’éther
Délicate opération
Moi j’en veux mes sept flacons

Ne veux-tu pas
Un peu de Cognac
Dans ton café noir ?
Si !
Ou bien au choix
Un doigt de vodka
Dans ton vin de palme
Da !
Si ! Da !
Le cri fou du singe vert
Au fond des bois
Wa wa
Au fond des draps
Wa wa
Les bras en croix
Wa wa
L’envers l’endroit
Wa wa

black-9.jpg

***

8. MAURITANIE

Les dunes lascives qui tombent de soleil
Somnolent dans une longue langueur de miel
Mais nous sommes assis à l’ombre de la tente
Pour nous brûler au feu des trois thés à la menthe
Pays du désert
Pays morne
Presque mort
Seul le vent vit
Pays sans frontières
Nulle borne
Pays maure
Mauritanie

Ici le vent est sable ici le temps est stable
La rose des vents se fige en rose des sables
Mais sous un ciel de tente aux points d’or innombrables
Une femme sombre sait inventer les fables
Pays du désert
Pays morne
Presque mort
Seul le vent vit
Pays sans frontières
Nulle borne
Pays maure
Mauritanie

Pas un chien qui n’aboie la caravane passe
Entre sable et soleil elle poursuit sa trace
Puis une fois franchies les dunes qui s’effacent
Le silence s’étend et prend toute la place

mauritanie.jpg

***

9. SAINT-LOUIS

Cette ville fut grande
Mais l’histoire l’a dépassée
Elle s’en souvient
Elle en garde l’orgueilleuse nostalgie
L’air marin l’embaume
Si bien que l’on ne sait
Si elle meurt
Si elle dort
Belle au bois dormant qui s’étiole doucement
Ou bien Phœnix prêt à conquérir demain

C’est une ville qui se penche
Sur la mer
Sur son passé
C’est une ville qui s’épanche
A travers
L’aridité

Saint-Louis
Saint-Louis du Sénégal

Une lagune de langueur
Se consume
En barbarie
Et pourtant la lune en chaleur
Nous rallume
Des nuits blanchies

Saint-Louis
Saint-Louis du Sénégal

Mais les murs musée se lézardent
Et s’écroulent
En pleurs de pierre
Et pourtant les fille se fardent
Et puis roulent
Des hanches fières

Saint-Louis
Saint-Louis du Sénégal

Ce n’est qu’une langue de sable
Qui sans cesse
Se reconstruit
Mais c’est la mort indépassable
Qui se dresse
Sur l’infini

Saint-Louis
Saint-Louis du Sénégal

st-louis-1.jpg

***

10. DEGUERPIS

6782.jpg

Ballots ou baluchons
Valises de cartons
Abandonnés par terre
Juste avant la frontière
Car ils sont devenus émigrés
Contre leur gré
Et c’est leur terre
Celle de leur père
Qu’ils ont quittée
Là où ils sont nés

Quinze ans dans la pirogue
A la dérive ils voguent
Ses rêves d’avenir
Il s’éteint son sourire
Car elle est devenue émigrée
Contre son gré
Et c’est sa terre
Celle de sa mère
Qu’elle doit quitter
Là où elle est née

Trente ans sur l’autre rive
Le jardin qu’il cultive
S’efface dans la brume
D’un sable d’amertume
Car il est devenu émigré
Contre son gré
Et c’est sa terre
Celle de ses frères
Qu’il doit quitter
Là où il est né

Et ce vieux boy des Blancs
Lui l’ancien combattant
Il écrase une larme
De ne pas avoir d’armes
Car il est devenu émigré
Contre son gré
Et c’est sa terre
Celle de ses pères
Qu’il doit quitter
Là où il est né

Et c’est leur terre
Celle de leurs pères
Ils y sont nés
Y seront enterrés

***

11. PETITE PERLE PEULHE

Tu tiendrais n’est-ce pas
Sur le bout de mes doigts
Puisque moi je vis par
Le fil de ton regard

Petite perle peuhle

C’est mon souffle je crois
Qui fait tempête en toi
Puisque le vent de mer
Pousse mes mots en vers

Petite perle peuhle

C’est ton cœur je le sais
Qui me tient au secret
Puisque mon corps lié
Rêve de son geôlier

Petite perle peuhle

Toi la mer en émoi
Et je me noie en toi
Moi rien qu’un vieux rafiot
Que tu remets à flots

Petite perle peuhle

black-6.jpg

***

12. UN JOUR TU PARTIRAS

Ton amour nomade innommable
Est l’enfant secret du désert
Il est né dans le vent de sable
Il redeviendra poussière

Un jour tu partiras
Et je n’y peux rien

Ton corps comme un oiseau palpite
Pris dans le piège de ma main
Mais le seul désir qui l’habite
C’est de suivre le vent qui vient

Un jour tu partiras
Et je n’y peux rien

Nos baisers sont comme l’écume
Que la vague morte dépose
Sur une plage d’amertume
Qui sous le soleil explose

Un jour tu partiras
Et je n’y peux rien

Il ne me restera de toi
Que mes images périssables
Mes mots naïfs comme mes pas
Qui vont se perdre sur le sable

Un jour tu partiras
Et je n’y peux rien

black-1.jpg

***

13. JE T’AI TROP AIMEE

Ma mémoire est un labyrinthe
Je t’avais jetée dedans
Dédale des amours défuntes
Agitez vos mouchoirs blancs
Parmi tous mes couloirs opaques
Je t’avais mise au secret
Je ne pensais vraiment pas que
Si tôt tu en sortirais

Ah! je t’ai trop aimée

Mon cœur est une histoire d’eau
Et je me noie sur ses pages
Quand le spectacle de ta peau
Reste leur seul paysage
Toutes mes guerres érotiques
Perdues contre ton corps nu
Et nos coucheries héroïques
Tu les as perdues de vue

Ah! je t’ai trop aimée

Ma mémoire devient sénile
Elle tangue par l’arrière
Mes amours deviennent débiles
L’avenir va en enfer
Quand je te vois à demi nue
Danser et rire sur l’eau
Je songe aux promesses perdues
Aux méandres de tes mots

Ah! je t’ai trop aimée

black-4.jpg

***

14. SAINT-LOUIS BLUES

Nos corps noués qui s’imprègnent
C’est ma mémoire qui saigne
C’est ma blessure au soleil
C’est mon sang qui s’émerveille
D’un oiseau mort sur les quais
Du port désert désormais

Les embruns jettent leurs armes
Mes larmes n’ont plus de charme
Du passé Saint-Louis se grise
Moi mes souvenirs m’enlisent
Et comme l’écume morte
Mes mots le vent les emporte

Ah ! rester dans cette ville
Blanchie de cendre inutile
Trouver un corps de jeunesse
Et l’inonder de tendresse
Pour mourir en montant haut
Comme l’a fait cet oiseau

st-louis-3.jpg

***

15. TOUT S’EN VA

Les aurores livides
De mes matins arides
Le vertige du vide
Sur ton sourire acide
Tout s’en va
Les promesses jetables
Les mirages du charme
Les amours qui s’ensablent
Les remords de mes larmes

Tout, tout s’en va

Le sang de mes morsures
Le feu de mes blessures
Mes rêves d’amour pur
Mes désirs d’aventure
Tout s’en va
Ton corps incandescent
Dans le soir indécent
Mon rêve évanescent
Sur tes seins insolents

Tout, tout s’en va

L’amour sainte nitouche
Que me livre ta couche
Ton désir si farouche
Qui fuit quand on te touche
Tout s’en va
Mes mains posées à tort
Sur l’ombre de ton corps
Mes mots qui crient encore
Pour conjurer la mort

Tout, tout s’en va

masque.jpg

***

16. SIRENE

Es-tu l’étoile de mer
Que l’écume a déposée
Sur le sable desséché
De mes amours d’hier ?

Es-tu la rose des sables
Qui se languit sous le vent
Désespérant de mes chants
Les plus inavouables ?

Et si
Tu étais sirène
Sortie
Des anciennes scènes
De mon cinéma
D’autrefois

Es-tu la fleur de corail
Qui sommeille sous la houle
De mes mots doux qui déroulent
Leurs vers vaille que vaille ?

Es-tu cette algue marine
Qui tressaille sous le flot
De mes vagues de sanglots
Traces de mon vieux spleen ?

Et si
Tu étais sirène
Sortie
Des anciennes scènes
De mon cinéma
D’autrefois

black-11.jpg

***

17. PORTO-NOVO

porto-novo-1.jpg

Il y a un pont sur la lagune
Des palmiers déplumés déprimés
Que la pluie et le vent importunent
Nos baisers sont partis en buée

Il y a un pont sur la lagune
Et des pirogues figées sur l’eau
Balançant leurs filets de fortune
Tu as perdu le fil de mes mots

Il y a un pont sur la lagune
Un soleil insidieux qui soulève
Sans honte les haillons de la brume
Et mon cœur en rade de ses rêves

Il y a un pont sur la lagune
Et des orages plein les nuages
Et la pluie pour laver ma rancune
Et l’oubli pour noyer ton visage

porto-novo-2.jpg

***

18. VAGUE A L’AME

images-1.jpg

Ma ville s’est payé le soleil
Elle a repeint son été en bleu
Et la peau nue des filles ruisselle
Sous la caresse floue de mes yeux
Du fond d’une bière bien amère
Me remontent mes amours ratées
Et je cherche les ombres d’hier
Au bord d’une foule aux pas pressés

Personne n’y prend garde
Nulle ne me regarde
Rien qu’un goût d’amertume
Que le soleil parfume
Vague à l’âme

Ma vieille ville embrase son ciel
Elle l’éclabousse de couleur
Des ribambelles de jouvencelles
Se trémoussent devant ma douleur
Où êtes-vous enfuies mes amies ?
J’ai autrefois rêvé sur vos lèvres
J’ai vécu dans vos lits la folie
Il ne reste rien de cette fièvre

Rien qu’un goût d’amertume
Que le soleil parfume
Personne n’y prend garde
Nulle ne me regarde
Vague à l’âme

Ma ville prend des airs de Brésil
Et toutes ces filles qui frétillent
Ont gardé le soleil de leurs îles
Mais moi de quel exil je m’habille ?
Où est la traboule où l’on s’enlace
La trace tiède de mes bonheurs ?
Quel est ce sourire qui s’efface
D’un poème poli par mes pleurs ?

Personne n’y prend garde
Nulle ne me regarde
Rien qu’un goût d’amertume
Que le soleil parfume
Vague à l’âme

***

19. CLANDESTIN

sergio-leone-1.jpg

Y’en a qui s’aime(nt) au soleil
Qui prennent l’amour à l’air
Et qui toujours s’émerveillent
Sur leur cœur à découvert
Moi mon amour est à l’ombre
Dans la nuit dans la pénombre
Quelques figures furtives
Qui s’effacent fugitives

Clandestin
C’est mon destin
Pas sur le pont
Le bastingage
Mais bien au fond
Fond de la cale
Pas de bagages
Toujours en cavale

Ceux-là s’aime(nt) infiniment
Qui prennent toute leur vie
Pour dévorer leurs serments
Sans jamais vomir l’ennui
Mon amour est de passage
Il vit de passade en passe
C’est l’ébauche d’un visage
Un reflet sur une glace

Clandestin
C’est mon destin
Pas sur le pont
Le bastingage
Mais bien au fond
Fond de la cale
Pas de bagages
Toujours en cavale

Y’en a qui s’aime(nt) au futur
Plaçant leur amour en gage
Vers un horizon bleu sûr
Comme des rentiers bien sages
Mon amour vit aujourd’hui
Il guette autour de minuit
Tous les clins d’œil des lucioles
Les bouts de bonheur qui volent

Clandestin
C’est mon destin
Pas sur le pont
Le bastingage
Mais bien au fond
Fond de la cale
Pas de bagages
Toujours en cavale

***
20. JARDIN D’EBENE

femi-2.jpg

Non mon Afrique n’est pas famélique
-Les outres gonflées des ventres qui meurent-
Elle est affamée de vie mon Afrique
C’est une femme qui rit de ses pleurs-

Jardin d’ébène

Femmes noires revenez sur mes pas
Vénus vénales sirènes des rues
Vierges vestales reines du Sabbat
Eves vives m’offrant les mangues du

Jardin d’ébène

O mes villes dépenaillées d’Afrique
Vos nuit dénudées m’ont pris dans leurs nasses
Et les traces de vos sueurs lubriques
Ont délavé ma blanchitude lasse

Jardin d’ébène

J’ai transpercé ces villes somnambules
Faux démon déambulant sa semence
Brûlant sa vie aux hanches qui ondulent
Quand la cadence frôle la démence

Jardin d’ébène

Yaounde se saoule de makossa
Les black star des bars aux tresses de transe
Ivres des secousses d’une salsa
Vendent leur destin pour un tour de danse

Jardin d’ébène

A la tombée du jour Brazza s’évade
Se remue au rythme de ses rapides
Ses chutes de reins tombent en cascades
Et dévalent nues une nuit liquide

Jardin d’ébène

Quand les remugles nocturnes se gravent
Au petit matin sur un quai de gare
Dans l’odeur moite d’une aurore hâve
Se lève lourde et lente Pointe-Noire

Jardin d’ébène

Nouakchott elle-même la fausse rude
Sait sous ses paravents dunaires faire
D’un long désir de sable un amour prude
Que le vent versifie en fable amère

Jardin d’ébène

Je quête à Cotonou la cotonneuse
Les regards des nouvelles amazones
Horde de Walkyries en pétroleuses
Qui vont chevauchant ma couche d’ozone

Jardin d’ébène

Mon Afrique brille d’éclats de rire
Danse le deuil flirte avec l’infini
Moi sous la morsure de son désir
Je suis venu pour lui offrir ses fruits

Jardin d’ébène

benneton.jpg

***

21. AMOURS HANSEATIQUES

esquisse.jpg

Quand j’ai glissé sur ta peau
C’est toi qui m’as retenu
Et j’ai brandi mon drapeau
Pour escalader tes nues
Tout ça c’était du pipeau
Tu m’as laissé le cœur nu

Et t’es partie à Hambourg
A fond de cale à Hambourg
Pardonnez le calembour
Depuis que t’es à Hambourg
Ma vie se compte à rebours
Privé d’amour je laboure
Des plants de topinambour
En tapant sur ton tambour
Je vais partir à Hambourg
Pour re-déclarer la guerre
Tes amours hanséatiques
C’est pire que la sciatique
J’avoue je n’aime Hambourg guère

J’ai bien dribblé au début
Très concentré sur l’enjeu
Mais quand j’ai marqué mon but
Toi tu m’as sifflé hors-jeu
Puis tu m’as mis au rebut
Dans un vestiaire ombrageux

Et t’es partie à Hambourg
A fond de cale à Hambourg
Pardonnez le calembour
Depuis que t’es à Hambourg
Ma vie se compte à rebours
Privé d’amour je laboure
Des plants de topinambour
En tapant sur ton tambour
Je vais partir à Hambourg
Pour re-déclarer la guerre
Tes amours hanséatiques
C’est pire que la sciatique
J’avoue je n’aime Hambourg guère

Est-ce que ton désir fond
Comme au feu le caramel ?
Est-ce qu’un amour profond
Rouille comme une gamelle ?
Mon cœur est un puits profond
Où ces questions-là s’emmêlent

Et t’es partie à Hambourg
A fond de cale à Hambourg
Pardonnez le calembour
Depuis que t’es à Hambourg
Ma vie se compte à rebours
Privé d’amour je laboure
Des plants de topinambour
En tapant sur ton tambour
Je vais partir à Hambourg
Pour re-déclarer la guerre
Tes amours hanséatiques
C’est pire que la sciatique
J’avoue je n’aime Hambourg guère

***

22. METISSE

Entre la plage et les dunes
Entre Léman et lagune
Entre le bronze et l’ivoire
Entre sagesse et savoir
Entre cerise et banane
Entre palmier et platane
Entre l’albâtre et l’ébène
Entre sorcier et sirène
Entre réglisse et vanille
Métisse
Entre vanille et réglisse
Ma fille

Entre tambour et tam-tam
Entre salut et salam
Entre varech et écume
Entre culture et coutume
Entre misère et désert
Entre banlieue et charter
Entre colombe et ibis
Orchidée et fleur de lys
Entre réglisse et vanille
Métisse
Entre vanille et réglisse
Ma fille

Entre le voile et le front
Entre l’étoile et l’affront
La loi d’Oran et d’Orange
Quand la liberté dérange
Entre haine et NTM
Entre je tue et je t’aime
Entre la mort et l’amer
Choisis le vent de la mer
Entre réglisse et vanille
Métisse
Entre vanille et réglisse
Ma fille

indonesie.jpg

***

23. CHUTE LIBRE

Tu vis funambule ivre
Sur le fil du rasoir
Et tu t’entête(s) à suivre
De débine(s) en déboires
Les bûches qui te livrent
Au feu de ta mémoire

Et elle s’accroche
Pour ne pas flancher
Mais elle est en torche
Elle va lâcher

Quand tu grimpe(s) au rideau
Tu glisses sur les tringles
Tu porte(s) en flambeau
Tous les cœurs qui t’épinglent
Puis tu leur fais la peau
Ton amour c’est la jungle

Et elle s’accroche
Pour ne pas flancher
Mais elle est en torche
Elle va lâcher

Tu te hisses au pinacle
En rêvant du ravin
Ton destin tu le bâcles
Et ce brouillon devient
De défaite en débâcle
L’envie de vivre en vain

Et elle s’accroche
Pour ne pas flancher
Mais elle est en torche
Elle va lâcher

femme-qui-pleure.jpg

***

24. CHANSON TRISTE

Merci pour l’amour vache
Ton cœur à cache-cache
Tes baisers qui se brisent
Tes larmes ta traîtrise
Ma main toujours ouverte
Vers toi en pure perte
Mes mots doux en souffrance
Noyés dans ton silence
Je me hais de t’avoir
Aimée
Je ne veux pas être
Ton ami

Ce que tu m’as offert
Ne t’as pas coûté cher
Ma paume sur ta peau
Ton corps qui fait le beau
J’ai embrassé tes seins
Tu t’es sentie si bien
En remettant ton pull
D’avoir sauvé ton cul
Je me hais de t’avoir
Aimée
Je ne veux pas être
Ton ami

Qu’on soit amant ou pas
Que tu dises « je t’aime »
Ou « je ne t’aime pas »
Le poison est le même
Ici meurt notre histoire
Nos chemins se séparent
Je te laisse à bon prix
Les mots de mon mépris
Je me hais de t’avoir
Aimée
Je ne veux pas être
Ton ami

rupture.jpg

***

25. VOYAGE EN FLORIDE

florida.jpg

Au supermarché des parfums
J’ai respiré le souvenir
De nos amours sans avenir
Qui ne veulent pas prendre fin
Qui donc a au cap Carnaval
Satellisé ton cœur de verre
Dans une boule de cristal
Qui tourne toujours à l’envers ?

Dès demain
Je gicle en Floride
Pour briser les brides
De ma vie morbide
Dans les flots torrides
De tes reins
Dès demain
Je gicle en Floride
Pour combler les vides
De ma vie avide
Dans les flots torrides
De tes reins
De tes reins
De tes reins

Nos nuits à Paris c’est si loin
Touristes du septième ciel
Toi voleuse de tour Eiffel
Moi profanateur de lieux saints
C’est sur la ligne de tes reins
Que s’enroule mon horizon
L’avenir n’est rien qu’un vaurien
Alors arrêtons l’érosion

Dès demain
Je gicle en Floride
Pour briser les brides
De ma vie morbide
Dans les flots torrides
De tes reins
Dès demain
Je gicle en Floride
Pour combler les vides
De ma vie avide
Dans les flots torrides
De tes reins
De tes reins
De tes reins

***

26. FLO

Vous la voyez gracile
Flo
Vous la pensez fragile
Flo
Alors changez de cible
Son cœur est inflexible

Je m’accroche à ce rêve
Et je crois aux miracles
Son amour me soulève
Et m’emporte au pinacle

Vous la voyez docile
Flo
Vous la pensez facile
Flo
Mais ses airs désinvoltes
Cachent bien ses révoltes

Je m’accroche à ses lèvres
Pour ne pas me noyer
Son amour me soulève
A gorge déployée

Vous la voyez futile
Flo
Mais c’est qu’elle est habile
Flo
Fermant de ses sourires
L’écrin de ses désirs

Et moi tremblant de fièvre
Quand je suis dans son corps
Son amour me soulève
De l’aurore à l’aurore

***

27. NOTRE HISTOIRE

images-52.jpg

Très douée pour la mise en scène
Tu t’étais déguisée en sirène
Ton sourire glissait sur l’eau
Moi je délirais à vau l’eau
A ton premier coup de sifflet
J’étais tombé dans tes filets

C’est notre amour à cache-cache
Bonheur volé c’est notre histoire
Notre miroir notre mémoire
Le lien si fort qui nous attache

Tu m’as caché dans tes cachots
Jeté à l’ombre de ta peau
Ta main m’as mis sous les verrous
Vidé par tes baisers vaudous
Un faux Dom Juan est piégé
Par une liaison sans danger

C’est notre amour à cache-cache
Bonheur volé c’est notre histoire
Notre miroir notre mémoire
Le lien si fort qui nous attache

Ma vie enfer de tes délices
Brûle au secret de tes sévices
Mon corps rompu se plie en quatre
Pour pouvoir sentir ton cœur battre
Quand ma nuit s’arrime à tes reins
Le jour enfin devient serein

C’est notre amour à cache-cache
Bonheur volé c’est notre histoire
Notre miroir notre mémoire
Le lien si fort qui nous attache

Je ne veux hisser mon destin
Qu’au sommet dressé de tes seins
Si je me noie dans tes vingt ans
C’est pour mieux abolir le temps
Amour tant que tu le voudras
Tu feras ton nid de mes bras

C’est notre amour à cache-cache
Bonheur volé c’est notre histoire
Notre miroir notre mémoire
Le lien si fort qui nous attache

***

28. CELLULAIRE

images-19.jpg

Tes baisers se déguisent
En pensées à ta guise
Qui se posent flétries
Sur ma messagerie
Sur ma messagerie

Insupportable portable
Sans mobile apparent
T’a pas rang t’es débile
Insupportable portable
Cellulaire en promo
Tous mes mots sont offerts
Insupportable portable
A l’insu des cœurs surs
La facture des corps nus
Insupportable

Nos numéros d’antan
S’affichent sur écran
Mais l’amour qu’on a fait
Dépasse mon forfait
Dépasse mon forfait

Insupportable portable
Sans mobile apparent
T’a pas rang t’es débile
Insupportable portable
Cellulaire en démo
Tous mes mots sont offerts
Insupportable portable
A l’insu des cœurs surs
La facture des corps nus
Insupportable

Funambule fébrile
Pendu aux coups de fil
A la peur de l’appel
Mon cœur sous ton scalpel
Mon cœur sous ton scalpel

Insupportable portable
Sans mobile apparent
T’a pas rang t’es débile
Insupportable portable
Cellulaire en promo
Tous mes mots sont offerts
Insupportable portable
A l’insu des cœurs surs
La facture des corps nus
Insupportable

***

29. CHANSON DE CENDRES

Bien sûr notre amour périssable
N’était qu’un oiseau de passage
Mais voilà je suis incapable
Mon cœur de tourner cette page
Nous avons tutoyé le diable
En nouant nos corps en partage
Nous étions d’innocents coupables
Rescapés du même naufrage

Quand il te tient dans ses bras
Penses-tu encore à moi ?

Bien sûr nous étions hors-la-loi
Mais nous étions des chercheurs d’or
Je faisais briller de mes doigts
Chaque pépite de ton corps
Comme un pirate d’autrefois
Je fus pilleur d’île au trésor
Le souvenir de nos émois
Se cache dans quel coffre-fort ?

Quand il te tient dans ses bras
Penses-tu encore à moi ?

Me voilà rendu en novembre
Avec son vieux vent sous les portes
Mon automne saison de cendres
Toi tu t’effondre(s) en feuilles mortes
Il suffira d’un avril tendre
Pour que toutes les fleurs ressortent
Quel printemps nous faut-il attendre
Pour qu’enfin l’amour nous emporte ?

Quand il te tient dans ses bras
Penses-tu encore à moi ?

***

30. MAIS TOI TU ME DIS

mais-toi-tu-me-dis.jpg

J’oublie l’alibi de l’absence
J’essuie des bordées d’insultes
Et je tombe en panne de sens
Mon cœur obscur veut qu’on l’ausculte
Mais toi
Tu me dis
Que tu m’aimes encore

J’envoie des fleurs par téléphone
Je paie un forfait parfumé
Mais c’est messagerie aphone
Mes vers s’évaporent en buée
Mais toi
Tu me dis
Que tu m’aimes encore

Mes pleurs tu t’en fais des colliers
Tu ris tu nargues tu te moques
Je vis ma vie le cou lié
Tu joues ambiguë équivoque
Oui mais
Tu me dis
Que tu m’aimes encore

Ton cœur c’est mon seul ascenseur
La nuit je grimpe aux gratte-ciel
Quand je descends c’est sans douceur
De toit en toit vois les séquelles
Mais toi
Tu me dis
Que tu m’aimes encore

L’amour on l’a pris en plein vol
Nos corps chevauchaient les sept ciels
Si je reste sanglé au sol
C’est que tu as volé nos ailes
Mais toi
Tu me dis
Que tu m’aimes encore

***

31. DANS CE TRAIN QUI T’EMMENE

Dans ce train qui t’emmène
Ton destin à la traîne
L’horizon orageux
Se brouille sur tes yeux

Demain reviendra-t-il
Avec le mois d’avril
Ce printemps qui se lève
Apporte-t-il un rêve ?

Les soleils d’autrefois
Ce soir te donnent froid
Ta mémoire se perd
Sur des éclats d’hier

Demain reviendra-t-il
Avec le mois d’avril
Ce printemps qui se lève
Apporte-t-il un rêve ?

Tu laisses loin derrière
Les amours éphémères
Les pleurs des hommes veules
Les mots doux qui te veulent

Demain reviendra-t-il
Avec le mois d’avril
Ce printemps qui se lève
Apporte-t-il un rêve ?

Dans ce train qui t’emmène
Ton destin à la traîne
Ton ciel qui se gangrène
N’oublie pas que je t’aime

train-dans-la-brume.jpg

***

32. PRENDS SOIN DE MON AMOUR

Tu sais
Le futur se défile
Nu dans le labyrinthe
Abandonné sans fil
Ma lampe presque éteinte
Je sais
Tu ris du temps qui passe
De nos pas qui s’effacent
Mais
S’il te plait
Prends soin de mon amour

Tu sais
Au-delà de ta peau
L’horizon est désert
J’ai soldé mes sanglots
Pour un sourire amer
Je sais
Ton cœur incandescent
Ne vit que dans l’instant
Mais
S’il te plait
Prends soin de mon amour

Tu sais
Si je t’envoie des fleurs
Et tous ces mots torrides
C’est pour cacher mes pleurs
Devant la peur du vide
Je sais
Tes désirs se déploient
Bien au-delà de moi
Mais
S’il te plait
Prends soin de mon amour

t-rose1.jpg

***

33. QUAND TU REVIENDRAS

Le désert perdra son sens
Mes mots mûris de patience
Auront fleuri le silence
Quand tu reviendras

Sur les souvenirs qui fanent
Le ciel s’ouvrira les vannes
Se verdira la savane
Quand tu reviendras

Je rimerai l’air marin
Pour chanter sous les embruns
La tempête de tes reins
Quand tu reviendras

La nuit complice muette
Unira sous sa couette
Nus la muse et son poète
Quand tu reviendras

Soleil coupe-toi le cou
Pour avoir flambé beaucoup
Mon cœur brûle son licou
Car tu reviendras
Et je serai là
Quand tu reviendras
Moi je serai là

10066531a.jpg

***

34. COMMENT FAIS-TU

Tu as un titulaire
Et puis un suppléant
C’est lui le tutélaire
Moi le vieux suppliant
Tu t’es donc dévêtue
De mes anciens « Je t’aime »
Amour qui trompes-tu
Sinon ton cœur lui-même ?

Comment fais-tu
Pour conjuguer
Tant de fois
Le verbe aimer
Sans te tromper de temps ?
Comment fais-tu
Pour naviguer
Sans effroi
Dans la fumée
De faux embrasements ?

Cœur marin ton destin
Est en cale à son tour
Passager clandestin
D’un amour au long cours
Mon radeau médusé
Lance des S.O.S.
J’ai perdu ma muse et
Mes mots sont en détresse

Comment fais-tu
Pour conjuguer
Tant de fois
Le verbe aimer
Sans te tromper de temps ?
Comment fais-tu
Pour naviguer
Sans effroi
Dans la fumée
De faux embrasements ?

Tous les feux d’artifices
Qui montent de ton corps
Sont des soleils factices
Qui trompent les aurores
Toi qui vois tout en double
Sans aucun décodeur
Si ton écran se trouble
Branche-le sur mon cœur

Comment fais-tu
Pour conjuguer
Tant de fois
Le verbe aimer
Sans te tromper de temps ?
Comment fais-tu
Pour naviguer
Sans effroi
Dans la fumée
De faux embrasements ?

chiripoete.jpg

***

35. STRASBOURG

Le ciel sombre en charpie
C’est mon amour qui fond
Un écran blanc d’oubli
Et nos liens se défont
Mes nuits sont dégriffées
Je solde mes vieux vers
Mes jours sont décoiffés
Ivres de courants d’air

Strasbourg
Envol de cigogne
Mais c’est sans retour
Strasbourg
Mon verre est si lourd
Que mon cœur s’y cogne
Strasbourg
Cauchemar d’ivrogne
En bière l’amour
A Strasbourg

Le flot de l’avenir
Creuse son lit aride
Ils vont bientôt jaunir
Mes clichés de Floride
Le soleil sur la neige
Ne réchauffera rien
Envoyez les arpèges
De l’ultime refrain

Strasbourg
Odeur de charogne
Pour mon cœur vautour
Strasbourg
Le passé rend sourd
L’avenir est borgne
Strasbourg
Je bois sans vergogne
Sans soif sans amour
A Strasbourg

strasbourg.jpg

***

36. AVEU

Mes baisers en bouquet
Leur parfum en poème
Mes mots en chapelet
Qui n’ont plus qu’un seul thème
Mon vieux cœur en couplet
Une rime à « je t’aime »

Pour les yeux de Chimène

Mes larmes de l’hiver
Dans des nuits de carême
Tous mes forfaits divers
Qu’un seul sourire emmène
Mes chants neufs en jachère
Où les promesses germent

Pour les yeux de Chimène

Nos âmes qui se nouent
Sans une seule chaîne
Ce diamant noir en nous
Quand nos nuits se démènent
Ces paradis vaudous
Où tes hanches m’entraînent

Pour les yeux de Chimène

***

37. JEU DE L’OIE

Tu es donc repartie là-bas
Retour à la case départ
Si l’amour est un jeu de l’oie
J’ai toujours un coup de retard

Dis-moi au moins
Etait-il heureux
De te revoir

Finalement qui trompe qui
Nous jouons aux amants maris
Dans les tourbillons de la vie
Se changent les cœurs en toupie

Dis-moi au moins
Etait-il heureux
De te revoir

O mon amazone d’élite
Quel ennemi veux-tu pourfendre
O ma cavalière émérite
Es-tu forcément polyandre

Dis-moi au moins
Etait-il heureux
De te revoir

Je crois que tu me reviendras
Nous rallumerons notre cierge
Mais nous serons dans de beaux draps
Si tu ne cesses ce manège

Car moi sais-tu
Je serai heureux
De te revoir
Car moi vois-tu
Je serai heureux
De te garder

hesiode.jpg

***

38. TROUVER LA SORTIE

trouver-la-sortie.jpg

J’erre ombrageux dans tes catacombes
Mon cierge n’allume que des tombes
Après confesse ton corps succombe
Scellé de cire mon ciel se plombe
Sans moi soldez vos hosties
Je veux trouver la sortie

A la ferme l’amour est ouvert
Ma plume allume la poule au vert
Mon chant s’enflamme au diable Vauvert
A feu de paille pompier sévère
Jetez mon rêve aux orties
Je veux trouver la sortie

Dans quel loft loge ma vie privée
Amour loto rien n’est arrivé
Château sans cartes faut plus rêver
Coupez les cœurs sont enlevés
Je ne suis plus vos parties
Je veux trouver la sortie

Je me suis pendu à mes promesses
Pervers j’ai pris mon pied dans leur laisse
Je perds mes paris pour une messe
Adieu pleurs d’encens sur la kermesse
Mes amours sont amorties
Je veux trouver la sortie

***

39. NUITS

brouillard-1.jpg

La nuit s’avance
Sur nos destins
Faites silence
Le temps s’éteint

La nuit secoue
Ses hanches sombres
L’amour s’ébroue
Dans ses jeux d’ombre

La nuit tombe sur moi
Mes jours vont de guingois

Ma nuit s’étiole
Sans une étoile
Pleurs de luciole
Nues sous la toile

Ma nuit s’ennuie
Sur un écran
Où s’anémient
Mes vers navrants

La nuit tombe sur moi
Mes désirs sont sans voix

Mes nuits d’errance
Contre la montre
Bière d’absence
Bar de rencontres

Mes nuits de transe
Rythme primaire
Sabbat des sens
Hymne à la chair

La nuit tombe sur moi
Cafés froids d’autrefois

Nos nuit décollent
Nos cœurs nacelles
Quittent le sol
Vers les sept ciels

Nos nuit nous brûlent
D’entendre encore
Nos corps qui hurlent
Jusqu’à l’aurore

La nuit tombe sur moi
Mes rêves vont vers toi

***

40. CODA

Le soleil traîne par terre
Le ciel se noie dans la mer
Aujourd’hui déchire hier
L’avenir fait marche arrière

Adieu

Une montagne s’effondre
Voici venir la pénombre
Plus d’écho pour me répondre
Ton silence a tout fait fondre

Adieu

Voici le désert moderne
La solitude nous cerne
Tu mets ma tendresse en berne
Mon amour à la lanterne

Adieu

Le déluge nous enivre
Qu’ils soient maudits les vieux livres
Même si la mort délivre
Il faudra tenter de vivre

Adieu

apocalypse.jpg

***

41. ADULTERE

C’est un parfum d’encens
Que tes larmes ruminent
Sur le lit de l’absent
Tu vois ta vie en ruine
Le passé déchiré
L’avenir raturé

A l’ombre de la Bible
Tu n’es plus que dégâts
La croix de l’impossible
Devient ton Golgotha
Tu peux voiler les cierges
Tes nuits sont des cieux vierges

Car il n’est plus ici
Il t’a laissé tomber
Vers des cieux inconnus
Où s’émeut son corps nu
Dans des râles de nuit
Sur des reins exaucés

Tes filles jetteront
Leurs rosaires anciens
Leurs lins de communion
Leurs messes de latin
Cette fois ton calvaire
C’est ta vie à l’envers

Car il n’est plus ici
Il t’a laissé tomber
Vers des cieux inconnus
Où s’émeut son corps nu
Dans des râles de nuit
Sur des reins exaucés

absence-4.jpg

***

42. TU FAIS SILENCE

Abaissez le rideau
Relevez les compteurs
Tout est en vidéo
Tu te vois en mateur
A l’extinction des feux
Les pompiers sont en berne
Plus de jets plus de jeux
La sirène les berne

Tu fais silence
Sur nos licences
Ton corps nu est tabou
L’amour a mis les bouts

Fais une passe ou je
Tente une touche ailleurs
Coup pas franc carton rouge
J’étais pourtant buteur
J’ai perdu plus d’un titre
De la coupe à la lie
Cœur scellé comme une huître
Sur l’ennui de mes nuits

Tu fais silence
Sur nos licences
Ton corps nu est tabou
L’amour a mis les bouts

Eve a soldé Adam
Et sa passion décroît
Sur son buisson ardent
D’autres corps sont en croix
Cendre et suie quel bel âtre
La fumée est sans feu
Eteignez le théâtre
Sans rappel sans adieu

Tu fais silence
Sur nos licences
Ton corps nu est tabou
L’amour a mis les bouts

v1_seul.jpg

***

43. JE REVIENDRAI

J’ai des souvenirs vagabonds
Des rendez-vous pour nulle part
Des bonheurs fous qui font faux bonds
Des regrets sur les quais de gare
J’ai du soleil plein la mémoire
Des brasiers aux ardeurs soldées
Des baisers que j’ai laissé choir
En jouant tout d’un coup de dés

Alors tôt ou tard
Un soir de hasard
Je reviendrai
Oui je reviendrai
Je reviendrai

Aujourd’hui mon passé s’enneige
Le temps se fige en faux miroir
Le brouillard dépose son piège
Sur des lendemains illusoires
J’ai beau frimer sous les frimas
J’ai perdu l’odeur de ta peau
Rien ne survit sous ces climats
Et le froid tue ce qui fut beau

Alors tôt ou tard
Un soir de hasard
Je reviendrai
Oui je reviendrai
Je reviendrai

Oh ! qu’elles sont loin nos aurores
Et dans l’espace et dans le temps
Mes mots se consument encore
Mais ils sont cendres dans le vent
Assez de ces soleils factices
Qui déchirent mes souvenirs
Ton sourire est la cicatrice
De mes remords en devenir

Alors tôt ou tard
Un soir de hasard
Je reviendrai
Oui je reviendrai
Je reviendrai

Le cœur en retard
Même sans rencard
Je reviendrai
Oui je reviendrai
Je reviendrai

Je reviendrai

Ce texte a été publié sur le site « Tout en tendresse »

***

44. FAIT D’HIVER

Cette fois j’y suis presque
Du chaos à l’abîme
L’hiver refait ses fresques
Mais la neige déprime
Guerre froide grotesque
Qui enrhume mes rimes

Tout est fini
Nos frissons nos guerres
Le temps ternit
Mes bouquets de vers
Ton corps renie
Ce qu’il m’a offert

Tu fus mon odalisque
Je t’ai mise en musique
Il est rayé le disque
Comme un coda comique
Tu peux railler sans risque
Muse au rire amnésique

Tout est fini
Nos frissons nos guerres
Le temps ternit
Mes bouquets de vers
Ton corps renie
Ce qu’il m’a offert

Il faut tomber le masque
C’est la fin de la fable
Adieu ton cœur fantasque
Tes soupirs charitables
Tes mensonges tes frasques
Mes pleurs dans ton portable

Tout est fini
Nos frissons nos guerres
Le temps ternit
Mes bouquets de vers
Ton corps renie
Ce qu’il m’a offert

mnuit_octobre.jpg

***

45. DECLARATION

Il y eut des averses
Et puis des éclaircies
Des chemins de traverse
Jonchés de jalousies
Des matins de peau nue
Des nuits de tendre guerre
La gymnastique émue
De nos cœurs à l’envers

Ce n’est pas une histoire
Banale ou ordinaire
Pas vraiment méritoire
La morale se terre
C’est un remous discret
Où chavirent nos chairs
C’est un souffle secret
Qui nous envoie en l’air

Pas de cérémonie
Ou de marche nuptiale
Quand nos vies communient
Satan conduit le bal
L’avenir on s’en fout
On jouit du présent
Brûlons par les deux bouts
La chandelle du temps

Même intermittent
Je dois reconnaître
Même à contretemps
Je dois bien admettre
Que je t’aime
Que je t’aime…

peck_2.jpg

***

46. TU ES UNE GRANDE DAME A PRESENT

Tu sortais du taxi telle une star
Au milieu de la nuit muette et moite
Tu bombardais ta beauté en pleins phares
Déesse nue drapée dans l’écarlate
J’étais si sûr si fier de ma princesse
Seul au bar je savais que dans ma chambre
Tes vêtements tomberaient de tendresse
Pour que je sculpte ton corps d’or et d’ambre

Mais c’est bien loin tout ça
Et tu n’en es plus là
Car
Tu es une grande dame à présent

Ton sourire rendait ma vie sereine
Sur tes seins dressés j’oubliais mon âge
Je rêvais étais-tu fée ou sirène ?
Mais le miracle est devenu mirage
Nos vies ont dévié chacun son chemin
Je serai toujours en manque de toi
Notre hier me va mieux que mon demain
Tu porte(s) un enfant qui n’est pas de moi

Mais ce n’est rien tout ça
Rien que la vie qui va
Car
Tu es une grande dame à présent

yemaya.jpg

***

47. LE BONHEUR

C’est un soupir évanescent
Un volatil aveu d’encens
C’est un simple parfum qui passe
Qui s’évade en laissant sa trace
C’est l’horizon inaccessible
Mais c’est pourtant l’unique cible

Ce n’est souvent qu’un souvenir
Le passé du verbe finir
Le musée des remords grotesques
Quand on a cru le tenir presque
Le vieux fantôme énamouré
Des fantasmes évaporés

Le bonheur

Cette chimère insaisissable
Sirène des châteaux de sable
Je voudrais la voir devant moi
Avec son grand cœur aux abois
Pouvoir la traîner en justice
Pour ses magies et maléfices

Il faut la pendre sur le champ
La brûler au bûcher ardent
Pour avoir incendié nos vies
Pour nous avoir rongé d’envie
Sur ses cendres en tas fumeux
Nous pourrons enfin être heureux

Le bonheur

tissu-1.jpg

***

48. IL Y A TOI

ayo.jpg

(ETE 2006)

C’est un été de sang
C’est un été de cendres
Entre étoile et croissant
On se tue sans esclandre

Loin des gravats épars
Ta beauté en guitare
Il y a toi

Terreur à pierre fendre
Parmi les pleurs les plaies
Quelle prière entendre
Quel psaume quel verset

Loin du fil du rasoir
Comme un refrain d’espoir
Il y a toi

Sur cette terre sainte
Promesse pour prophètes
L’avenir n’est que crainte
Et la mort une fête

Loin des débris des bombes
Si fragile colombe
Il y a toi

Au hasard fou des tirs
La vie se désagrège
Les héros sont martyrs
L’amour est sacrilège

Contre la barbarie
Rien qu’une mélodie
Il y a toi

ayo-hat.jpg

***

49. SORTI DE TOI

Mes mots tombaient à l’eau
En s’envolant vers toi
Mes vers étaient de trop
Pour ton coeur clos et coi
Tu confondais sans cesse
Le feu et l’artifice
Tes soupirs de tendresse
N’étaient rien que factices

Sans regret sans émoi
Je suis sorti de toi
Sans remords sans abois
Je suis sorti de toi

J’ai perdu les clichés
Des illusions d’antan
Quand j’étais entiché
D’un coeur intermittent
On a eu nos frissons
Mais je ne sais plus quand
C’est un vieux film sans nom
Oublié pour longtemps

C’est fini d’être en croix
Je suis sorti de toi
C’est fini cette fois
Je suis sorti de toi

sorti-de-toi.jpg

***
50. RESTES d’AUTOMNE

medium_707593_2.jpg

Les souvenirs écorchés
Se jaunissent de regret
Les promesses désechées
Flambent leurs remords secrets
Le temps recouvre de brume
Nos anciens frissons de sable
Le vent déchire et déplume
L’or de nos désirs friables

Tous nos moments de diamant
Du fond de nos nuits vaudous
Et nos corps au firmament
Au bout de tous les tabous
Le temps les a pris au piège
Des bonheurs sans lendemain
La vie n’est que sortilège
L’amour se perd en chemin

Tu sais le passé n’est pas
Un désert de corps en croix
Même si tu n’es plus là
Tu reste(s) incrustée en moi
Le temps transforme en chef d’oeuvre
Les brouillons de nos émois
Mes vers conservent la preuve
De tes baisers d’autrefois

C’est pourquoi même si
Pour nous tout est fini
Tu resteras tant pis
La femme de ma vie

magritte.jpeg

4 commentaires »

  1. I just want to say I am newbie to blogs and truly liked this page. More than likely I’m planning to bookmark your site . You certainly come with terrific articles and reviews. Thank you for sharing your web page.

    Commentaire par Dario Bealer — février 25, 2012 @ 10:20 | Réponse

  2. I haven’t checked in here for a while because I thought it was getting boring, but the last several posts are good quality so I guess I will add you back to my daily bloglist. You deserve it my friend 🙂

    Commentaire par http://jobs.freelanceswitch.com/f/smithfoss49 — août 21, 2012 @ 12:56 | Réponse

  3. Hi my family member! I want to say that this article is awesome, nice written and come with almost all vital infos. I would like to look extra posts like this .

    Commentaire par toms shoes sale — mai 18, 2013 @ 3:47 | Réponse

  4. Je n’ai qu’un mot a dire : MERCI

    Commentaire par gagner de l argent grace à internet — janvier 29, 2014 @ 11:17 | Réponse


RSS feed for comments on this post. TrackBack URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :