Mots dits vers

VERS DE TOILE (2000 – 2002)

SOMMAIRE

1. Mirages
2. Les Gens de ce pays…
3. Ecran triste
4. L’usure
5. Sous développement
6. Dépression
7. Messagerie du coeur
8. Fille des îles
9. Jalousie
10. Un art poétique de plus
11. Quai de gare
12. Aux filles de la toile
13. Les contours du bonheur
14. Loft story
15. Rencontre
16. Matins
17. Virtuelle solitude
18. Silence
19. Sonnet
20. Déclaration
21. Bière de nuit
22. Montagnes russes
23. Voici
24. Argentina
25. Sot si son
26. Autre sonnet
27. Absence
28. Voyage

***

1. MIRAGE

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Les dunes
Qui lascives laissent
Indifférentes
Le soleil et le vent se battre
A coup de vaines caresses
Ont les formes rondes des tortures de l’absence
Sont les courbes meurtries que consume
L’inlassable sablier du souvenir
Et le vent m’envoie
La hantise des voiles
Là où se déchirent
Les sourires déchus
Passagers clandestins de ma mémoire

Je tourne en rond
Dans le tourbillon
De mon harmattan
Toupie du temps
Tendre tournis
Sable émouvant
Souvent mouvant
Et moi
Mauvais marin d’eau amère
Je m’y noie

Mon présent n’est plus que le pas pesant
D’un mourant de soif
Qui désespère le désert de ses larmes sèches
Et tend l’ombre avide de ses mains
Vers la poésie verte
D’une oasis ouverte
Et elle
Radieux radeau
Eclaboussante bouée
Rit de tout l’argent de son eau dilapidée
-miroir ou mirage ?-
Gerbes miraculées
Palmeraies intarissables
Verbes furieusement fertiles
Qui d’un mot
Jaillissent
Jusqu’à l’offrande de mille oranges

Je rêve de l’impossible tapis volant
De la ballade d’Aladin
Du bavardage de Shéhérazade
Sur mille et une pages
Et
En une nuit
Traverser d’un vers
Ce désert désuet
Pour renaître au matin
Devant l’oasis inouïe de ton sourire
Horizon mauve
Ouvrant
Son chant de lumière…

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***

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2. Les gens de ce pays
Ne parlent pas
Ils ont le froid comme un fard au front
Et le coulent au fond de leur col
Pour mieux ne pas apercevoir
Les blocs de glaces qui croisent
Et glissent sur la banquise de la ville
Et pourtant
On saisit parfois
De l’ombre d’un cache-col
L’appel furtif
D’un regard bavard
Rond comme une bouée lancée au hasard
Et la nuit venue
Les voici allumés devant l’écran
Et leur vie défile
Et file une infinie
Toile
Ou se love la virtuelle étoile
A qui parler
A qui se fier
Et ce sont de longs silences qui palabrent
De clavier à clavier
O musiciens de la nuit qui pianotez votre cœur
Ouvrez la porte du jour
Et levez l’aube des paroles

Je vis dans un monde de silence
Chacun s’y ferre indifférent
Et ferme sa porte
Ses lèvres muettes
Ses yeux vides
Et pourtant
Ce n’est qu’un long murmure
Qui fume et vrombit au-dessus des villes
Le nuage âcre du bruit
La stridence perçante des lumières
Le jet d’argent tonitruant de la meute furieuse des phares
Qui se noient dans l’encre de nulle part
Dans un vacarme opaque de feu empanaché
Qui se grise de lui-même…

Notre silence s’enferme dans le bruit
Notre solitude multiple se perd dans l’infini flot de la foule
Et nous errons de fantasme en illusion
D’horizon en aurore
De cercle en spirale
De vapeur en fumée
Fous
Qui pourtant rêvons de vivre

Poème publié dans « Poésie 1 », N°29, Editions le cherche midi, mars 2002

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***

3. ECRAN TRISTE

Tristes
Mes poèmes
Tristes
C’est
Ce que tes mots ont marqué
Sur l’écran

Tristes
Comme la mer qui se retire
-et les mains qui se quittent…-
Comme le soleil qui pleure en pluie son chagrin d’hiver
-et le souvenir du partage des sourires…-
Comme la terre qui se scelle de son gel
-et le cœur rassis qui se clôt et se tait…-
Comme le visage des façades qui ruissellent
-et mes larmes mâles sur ma peine femelle…-
Comme l’arbre nu de béton qui hurle hirsute sous le vent
-ma folie perdue…-
Comme l’inusable trottoir de notre ennui
-l’absence…l’absence…l’absence…l’absence…-
Bitume d’amertume

Pluie
Bruine
Brouillard
Pauvre eau
A la fois sel et salive
A la fois soif et souffrance
Miroir larmoyant
Où se mêlent noyé et bouée
Buée
Eau
Sillon parallèle de ma peine
Neige triste
Qui fond

Pardon
O Nayma
Toi dont le cristal du rire arrive
Jusqu’à mes oreilles virtuelles
Nayma
Verre offert
A l’espoir
Couleur verte
De l’oasis frémissante
O moi
Qui suis-je
Sinon celui qui pleure ?

Pardon
Nayma
Même le clown est triste
Regarde-le mieux
Dément qui ment
Il s’est falsifié un fou rire
Vois
Je me cisèle des amours hypothétiques
Dans des vers de toile
Que je tisse chaque nuit
Au chevet inanimé de mes rêves.

Nayma
Redonne moi l’invincible sourire
Ouvre-moi à nouveau la porte en voile pur qui cache si peu
Le désir
O que je rencontre encore la douve divine qui m’octroie le ciel
O que je pousse en chantant le rocher de Sysiphe
Si enfin
Femme-muse tu m’acceptes au mausolée moiré de ton âme

Triste
En attendant l’arc-en-ciel de tes cils
O mon inconnue
Voiles gonflées
Vouées au vrai vent
Nos deux mains nouées en partance
Que s’offrent aux flots les focs de nos demains
Que plongent à jamais les ancres de nos maux
Que s’encre en toi le sang neuf de mes vieux mots
Alors
Appareillons vers où tu veux
Là où mon cher verbe
– Bavard perdu aux vers éperdus…-
Plus jamais
Ne sera triste

Plus jamais
Ne sera triste

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***

4. L’USURE

L’usure
C’est donc ça l’usure
Ce doigt vain qui s’évertue
A repasser ses leçons
Sur la soie blasée de ta peau
Le velours aveugle de tes lèvres
Le satin saturé de tes seins
Et les mains tremblent de peur
Que le désir ne se délite
Ne s’éclipse
Lune maudite
Dans ce train d’insomnie
Qui s’enfonce sans bruit dans la pénombre de ma mémoire

C’est ça l’usure
Ce sourire défait
Que tu allumes sur la lampe qui s’éteint
Ce regard fixe
Qui rêve d’inavouable envol
Et qui se meurt
Dans un baiser étouffé
Comme un souffle de plus
Sur le feu brasier
Qui se cendre doucement

Est-ce donc le temps
Ce satané temps
Qui nous étiole tant
De son mathématique entêtement
O autrefois…
(La géométrie de nos corps dans l’espace
L’algèbre savant de nos opérations sans calculs
L’équation secrète aux inconnus vecteurs
L’ixe hyperbolique de nos variables infinies
Courbes et lignes
Aires et cônes
Coulaient ensemble en un paisible trapèze
Formes et figures en harmonie
Formule sûre de notre théorème…)
Aujourd’hui
L’axe du temps
Nous malaxe de son axiome fatal

C’est ça l’usure
La vanité nue des non-dits
L’inutilité des larmes tues
Le drap moite du silence
Lancinant linceul
Et la nuit
Immense comme un désert

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***

Accompagnement :
Pour les couplets : percussions.
Pour les refrains : kora ou guitare électrique style rumba congolaise.

5. SOUS DEVELOPPEMENT

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Le désert je l’ai vu combler vos avenues
C’est la sécheresse qui se tait dans vos rues
Et l’eau qui vous manque perle au bord des regards
Du fond de la foule vers les métros blafards

Je ne sais d’où je suis mais merci pas d’ici
Moi je viens d’un pays où les gens se sourient

La misère impolie vous pollue les trottoirs
Votre indifférence perd vite la mémoire
Oubliant qu’on tire parfois la queue du diable
Le fil est friable le destin si peu fiable

Je ne sais d’où je suis mais merci pas d’ici
Moi je viens d’un pays où les gens se sourient

La main de ce mendiant vers vous pourtant se tend
Rien ne vous arrête sérials killers du temps
Et vous passez sans voir malgré vos yeux ouverts
Braqués sur la montre tendus vers les horaires

Je ne sais d’où je suis mais merci pas d’ici
Moi je viens d’un pays où les gens se sourient

Les vieux dans ce pays sont mis dans des asiles
Sont-ils devenus fous l’argent vous rend fébriles
On entretient leur fin pour commencer à vivre
De leur mort s’exhalent des parfums qui enivrent

Je ne sais d’où je suis mais merci pas d’ici
Moi je viens d’un pays où les gens se sourient

Les femmes par ici comme partout ailleurs
S’éparpillent parmi des bouquets pleins d’odeurs
Moi je rêve d’un cœur que veut sculpter l’ébène
Magie des nuits moites quand s’offrent les sirènes

Je ne sais d’où je suis mais merci pas d’ici
Moi je viens d’un pays où les gens se sourient

Femme noire sois proue à l’avant du navire
Monte avec les voiles que le mât fait sourire
Sur tes seins exhaussés viens me remettre au monde
Que l’écume vaine de mes mots falots fonde

Je reviens d’un pays où les sourires vibrent
Au jardin d’ébène tous les rires sont libres

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***

My love she’s like some raven
At my window with a broken wing

Bob Dylan

6. DEPRESSION

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Mon bel oiseau blessé
Assourdi de ta lourde douleur
Souillure secrète qui sourd de tes yeux défaits
Souffrance des nuits rances
A travers les draps troués de l’insomnie
Voici que se ferme le mur
Celui qui se dresse devant le futur
Prison grise du passé
Piège sacrilège
Comment ?
Une aile aussi souveraine vouée à l’irréel élan
Prise ainsi ?
Est-ce une méprise du ciel ?
Un crime de lèse-beauté ?
Feu de joie de la Saint Jean
Flamme ascendante
Qui se déhanche et éblouit la nuit
Clin d’œil étincelant
Qui petit à petit
Clignote
Et puis faiblit
Dans un soupir de luciole

Mon bel oiseau blessé
Sourire déchiré
Lambeaux de bruine
Rideau de brouillard
Perles d’aurore qui grêlent
Sur ta peau inutilement nue
-O la plage inavouée de nos amours gâchées-
Camisolée de l’intérieur
Cernée de certitudes lasses
Ensevelie sous ce fallacieux sommeil
Ce ciel factice sur le lit froid
Cette fausse langueur
Gelulaire
Cellulaire

Mon bel oiseau blessé
Ton corps abandonné
Aux mains inconnues des hommes en blouse
-O la somme vaine de mes caresses dilapidées-
Tes frissons frelatés avouent
La fièvre de l’abandon de soi
Le silence abstrait d’un rêve artificiel
Et tu plonges dans les latences de ton âme meurtrie
Couloir frigide du somnifère
Sommeil mortifère
Silence hôpital
Sépulcral

Mon bel oiseau blessé
Je t’en supplie
Reprends
Ton vol vers nous
Transperce les barreaux du temps
Strie de tes baisers l’azur de nos désirs
Grises-toi de mes mots même s’ils friment
-Tu sais bien mes sincères mensonges-
Suis la farandole de mes paroles
L’obole de mes poèmes en corolle
-O mon unique muse-
Et crie à tue tête à ces grilles de pluie qui saccagent
Notre pauvre printemps
Que les oiseaux s’ouvrent au ciel
Et vivent du vent
Et vivent devant

Reviens mon bel oiseau
Reviens à toi
Reviens à nous
Alimentons nous en souvenir
J’ai de la mémoire pour deux
De nos mains nouées
Remontons vers
Le seul ciel qui nous va
Le septième
Aspirons à l’air neuf
Nos peaux lavées de larmes sur les nues
Acrobates rêveurs accrochons nos corps à la nouvelle lune
Passons le mur du son pour
Revenir à nous

Nous
Le seul pronom qui te tient
Le fil sûr d’où tu ne tomberas jamais
Et sur ce fil
Mon bel oiseau libre
Tu te dresseras pour psalmodier
De toute ta beauté
Le chant de l’éternel été

***

7. MESSAGERIE DU CŒUR

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Les filles de la toile
S’offrent un rêve chaque nuit
Dans des micro fantasmes
Qu’elles lancent
Improbables messages
Sur des écrans qu’allument
Les limbes de l’espoir

Les filles de la toile
Brillent d’un faux sourire numérique
Qui ment de toutes ses dents
Sur des écrans paradisiaques
Aux ordres froids d’un moniteur impérieux
Serpente insidieuse la tentation floue
De croquer la pomme sans chair du PC vénal
Eves vaines
Vos yeux blessés glissent
Dans la corbeille
Du sommeil perdu

Les filles de la toile
Vivent la veille
Dans des histoires à dormir debout
Le conte de fée se fait fil
Et cherche parmi des forêts de sites
La botte de foin
Où se faufile l’aiguille miraculeuse
Qui piquera la Belle au Bois Dormant
Quelque part dans le virtuel
Un prince charmant galope sur un clavier d’argent
Il sait combattre les monstres
Les virus pervers
Les I love you
Qui grêlent le bonheur à peine esquissé
Car la déconnexion maléfique
Plante toujours ses ronces d’angoisse
Entre l’appel et son écho
Ou son silence

Les filles de la toile
Jouent leur vie à l’écran
Marilyns de l’instant
Les souris se font actrices
Et se songent aspergées de flash
Dans des carrosseries d’épate
Cendrillons de carton-pâte
Votre citrouille se mue en point comme
Une nouvelle ligne de chance
Quand la main s’ouvre
Sur le fichier croyance
Et vous cliquez sans cesse
Errances tactiles de l’espérance
Et vous pensez Walkyries assises
Chevaucher votre destin
Menu par menu

Les filles de la toile
Se saoulent à l’eau de rose
Et guettent l’inévitable héros
Armé de son portable magique
Il saura les appeler un soir et faire
Leur code secret
Pour franchir enfin le portail nu de leur désir

Les filles de la toile
Osent dire la nuit ce qu’elles taisent le jour
S’emparent sans peur de la vie d’inconnus
Pour mieux ne pas les voir à la lumière réelle
Puis de mépris tournent leurs yeux devant celui
A qui
Dans des mots crus
Qui rougissent encore sous le fil du rasoir
Avides et sans entraves
Elles se donnaient la veille
Sur parole

Les filles de la toile
Vivent au bal masqué de minuit
Ce qu’elles fuient au matin
Les lucioles clignotent sur la pastille allumée
Mais s’éteignent face au clin d’œil qui les appelle
Elles ouvrent nu leur cœur hagard au mail inconnu
Et tuent de leur regard sec le voisin de pallier

Filles de la toile
Vos paillettes portables
Ont une mémoire limitée
Et ne durent pas plus d’une ligne
Descendez des photos numériques
Où ne s’affiche que votre reflet
Quittez l’ombre douteuse de vos messageries lasses
Et tombez donc sans crainte dans nos bras charnels
Le décodeur de nos cœurs
N’est pas difficile à traduire
Il respire naïvement la vie
Comme un authentique bouquet de fleurs
Orné d’un simple poème

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***

8. FILLE DES ILES

A toi, fille des îles

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Fille des îles
Ton hâle allume dans l’âme
Du voyageur égaré
Les éclaboussures
D’un soleil qui s’épanche en son crépuscule
Lumineux et tragique graffiti
Où se consume encore ma mémoire

Fille des îles
L’exil au cœur
Comme un fil fragile
Qui tisse en toi la soie subtile
D’un arc en ciel sonore
O petite sœur en métissage
Je te le dis
L’horizon s’étire dans un patchwork
Qui nous habillera tous

Fille des îles
Tes vers portent
Les cris des racines qu’on arrache
Aux embruns tièdes de l’enfance
Que cerne l’espace confetti des îles
Martyres de la géographie autant que de l’histoire
Sur ton sourire se ferme la cicatrice
De ces blessures secrètes qui sourdent
Du voile de ta voix quand tu chantes la parole d’autrui
-Pourtant tellement tienne-

Fille des îles
Fragments de lune éparpillés
Sur la mosaïque magique et mouvante
Qui scintille de ses inlassables larmes
D’un douloureux reflet de faïence
Ne crains rien
Nous qui passons
La paume nue d’un poème
Comme un baume sur nos pensées
Nous sommes tous
Des naufragés de la mémoire

***

9. JALOUSIE

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Ce vide
Vertige
Lucidité livide
Néant blanc
De la béance

Mauvais cinéma
Vidéo sadique
Film porno permanent
Mains sacrilèges
Peau bafouée
Sanctuaire saccagé

Photos souvenirs
Reliques de larmes
Liqueur empoisonnée
Lancinant sillon sec
Corps éteint

Ruines du temps
Vestige mémorisé
Pellicule froissée
Vêtements chus
Soupirs d’autrui
Drap linceul
Pleurs inutiles

Portable dérisoire
SOS lancé
Appel oublié
Messagerie vide
Roses fanées
Epines sanglantes
Fleurs éperdues
Puis perdues

Horizon du temps
Hors de saison
Hors de raison
Main tendue
Silence noyé

Pourquoi
Pourquoi

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***

10. UN ART POETIQUE DE PLUS…

Pas de coups de feu
Petite sœur
Mais des coups de cœur

N’attends pas sur la plage
Le génie verbeux du bateau inconnu
N’attend pas sur ta page
La venue voilée du poème lumineux

Monte à bord du rafiot et affronte
Les lames peu amènes que tourmentent les tornades
Où tanguent les âmes
Quand la coque du cœur
Se brise en mille larmes chavirées
S’éparpille sous le vent gerçant
D’un soupir enfui
D’un sourire clos
Alors grimpe
Sur le radeau de tes mots
Hisse ta pensée sur la feuille épargnée
Image saumâtre qui surnage
Parmi tant de souvenirs brisés
Alors tu apercevras d’un vers gisant
L’horizon rasant
Où s’écartèle un soleil crucifié

Ne sois pas amante de l’espoir
Ne sois pas main qui tend son regard
Ne sois pas éperdue de demain
Ne sois pas virtuelle
Et si tu tires
Au pistolet des mots qui brûlent
Alors
Petite sœur
Vise le cœur

Ne sois pas attente
Va au-devant de ton destin
Va sur le chemin de ta vie
Ces aveugles ont souvent besoin qu’on les guide
Et puis pétris de ta peau la souffrance d’aimer
La brûlure obscure du partage impossible
Le feu furieux de la jalousie
L’étreinte inassouvie de la flamme qui lancine
Qui lacère et déchire
Et puis pour finir
-Le plus souvent-
Le froid muet de l’absence spoliée
Qui serpente en vain
Sur le marbre frigide des nuits dénudées

Oui
Petite sœur
Le poème ne se donne
Que si on le prend
Si on part sans peur vers le douloureux désordre
Des paroles perdues qui mouillent dans les naufrages
Rescapées involontaires d’un cœur barbouillé
Toujours prêtes pourtant
A prendre au mot le vent
A lever des phrases sur le gaillard d’avant
Pour que se tendent les voiles
Vois
Ce vieux mât
Ecorché écorcé écorné
Mais
De tout temps rêveur têtu
-O poète du cœur à cœur-
Que tentera sans cesse
Maux à maux
La tempête des corps à corps

Pas de coup de feu
Petite sœur
Mais des coups de vie

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***

11. QUAI DE GARE

Sur les quais des gares
L’amour descend en silence
Du baiser aux regards
Les mains s’envolent
Oiseaux sans paroles
Dans le flou d’un horizon humide
Les mots timides
Osent dire -trop tard-
En hurlant -tout bas-
Ce que l’on taisait tant
Les sourires blessés
Se griffent d’un bouquet de pleurs
Dans les hoquets moqueurs d’un train vulgaire
S’allument alors
Dans le tombeau ouvert de la nuit
Les souvenirs et leurs chaînes fantômes
Qui errent bruyamment
Dans les couloirs muets d’une mémoire de marbre

Sur les quais des gares
Il arrive
Que le destin taquin
Grisé de désir s’égare
Et plaisant diablotin
Danse
En riant derrière un baiser
Pour nouer le passé au présent
Dans le don de l’instant
Quand ton cœur diamant
Cisèle sur mon corps arraisonné
Son poème de cristal
Alors sans crier gare
Je me noie
Dans la mer de tes mots nacrés
Quand l’émail et le corail s’embrasent
Et que sans fin scintille en moi
Cet éternel joyau de joie

Poème publié dans « Voyages et calligrammes, concours de poésie 2003 », association La Soie des Vers, Editions Gros texte

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***

12. AUX FILLES DE LA TOILE

Que s’allume en cliquant le regard au hasard
Qui incendie de mots cet écran d’insomnie
Là où lasses les nuits délaissent les amarres
Pour tanguer du clavier vers vos messageries

Que sur le web naissent quelques phrases qui chutent
Dans la solitude des e-mails sans réponse
Et qui errant parmi nos pauvres vies hirsutes
Illuminent nos cœurs de leurs coups de semonce

Envoyez vos photos vos reflets de beauté
Afin de les graver aux confins des promesses
Imprimez vos canons sur nos micros matés
Prenez nos chairs vives virtuelles déesses

Et qu’enfin s’offre aux mains qui pianotent sans fin
Le corps noctambule que l’on travaille au noir
Dotez ces aveugles ces muets meurt-de-faim
De l’obscure statue où s’ausculte l’espoir

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***

13. LES CONTOURS DU BONHEUR

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Ce matin
Je veux dessiner
Les contours
Du bonheur

Faut-il
Ou non
Du soleil plein la plage ?
Des palmiers alignés à l’infini
Qui tout le temps secouent leurs rastas
Sous la rengaine reggae d’un vent râleur ?
Une pirogue qui joue
A saute vagues en arrivant au rivage
Epuisée de sueur et d’odeurs âcres
Puis qui arrache en halant son misérable poisson
Au mépris des cartes postales ?
A quoi bon le soleil
Pour peindre les contours du bonheur ?

Je me souviens de temps gris
De pluie fidèle
Caressant de ses ondes complices
La buée des carreaux crasseux
Tandis que coulait l’amour entre elle et moi
C’était dans une autre vie
Mais ce fantôme floué revient
Infailliblement
Me tirer par le cœur
Et je sais que le soleil n’est rien
Et je me souviens de mes pleurs perdus
Mon veuvage en sueur
Ma douleur détrempée de moiteur
Ciel paradisiaque à mourir de larmes
Soleil cœur coupé
Point final
De mon amour naissant
Inutile décor
Contour vain
Du bonheur enfui

Ce matin
Je veux dessiner
Les contours
Du bonheur

Verdure
Bien sûr
La nature
Les fleurs partout
Les oiseaux et tout leur tra la la
O plaisirs champêtres du labeur du labour
O magie grise de la brume qui lève le jour
Angélus figé qui tinte sur les moissons
Vague des blés sous l’archet des grillons
Symphonie pastorale
Sabots de boue
Sylvestre bonheur qu’émeut un lapin au loin
Nature nature nature…
Vous vous égosillez comme des pies
A claironner ce mot
Mais pas moi
Pas moi
Marâtre nature disait
-Sauf le respect qu’on lui doit-
Un maître d’autrefois

Je me souviens d’une ville immense
Qui ne suffisait pas à contenir mon bonheur
Je me souviens du chant des automobiles
Des clins d’œil sympas des phares
La joie inoubliable des bouchons
Parce que s’embouteillaient les traces vives
De notre première nuit
O vive ma ville
Pollue tant que tu veux
Crache toute ton haleine chargée en fumée compacte
Vomis tes égouts de pestilence et de flatulence
Avec ta foule motorisée qui hurle
Le désert surpeuplé de tes avenues
Tant pis
Je me souviens
D’avoir chanté dans tes rues
D’avoir dansé dans tes rues
La joie débordant dans mes yeux bondés de larmes
Je me souviens aussi
Du village affligeant de notre dernière nuit
De la sale brume qui se levait sur mon départ
Et de l’absence qui commençait sa course
Dans des sentiers sans mémoire
Automne de mon amour
Avant
L’hiver final

Ce matin
Je veux dessiner
Les contours
Du bonheur

Les enfants
Ah ! petits bambins gambadez
Dans les couloirs du bonheur
Jouez à perdre haleine
Criez chantez
Passez sans peine du rire aux larmes
D’un caprice zappez de tristesse en joie
Courbe brisée
Ligne familiale
Harmonie
Art d’être père
Ou grand-père
Frère mère sœur
Tatan tonton
Oh ! pléthore des membres
Cercle incontournable
Où obligatoire est la joie
Car le bonheur est écrit
Il s’appelle famille
Tout le monde vous le dit
Et même la morale
Quelle qu’en soit l’estampille
Issue de Jésus Yahvé Mahomet Bouddah
Ou même Mao

Et bien je vous le dis
-Après d’autres
Loué soit leur saint nom-
Famille je vous hais
Je vous hais
D’une haine profonde
Remugles ressurgis des cours de récrés
Revenus du fond de mes fouilles
Sortis de mon être même
Serti du malheur gamin
Massacre des innocents
Enfants de violences
Copains de souffrances
Aux lendemains raturés
Et puis tous ceux que je n’ai pas eus
Et par dessus tout
Celui
Qui devait être
L’enfant de toi
Que je n’aurai pas
Et qui me brûle à jamais
Et qui peut-être consumera à petit feu
Notre patient château de cartes
La lancinante fêlure
Qu’il nous faut à chaque instant
Colmater de mensonges
Pour ne pas sombrer toi et moi
A corps perdus

Ce matin
Je voudrais dessiner
Les contours
Du bonheur

Alors foutu bonheur
Où es-tu ?
Où dores-tu ta sacré pilule ?
Où caches-tu ta secrète entrée ?
Tes contours s’écartèlent dans un décor de pacotille
Et je perds mes vers à te chercher à travers
Les ornières de ma mémoire
Labyrinthe tortueux où je ne me retrouve pas
Bonheur
Vestige du passé
Ruine mémorisée que l’on visite comme un musée
Voici la porte du premier baiser…
Prêtez attention à ce vieux pont fourbu
C’est ici qu’ils se sont pris la main…
Là dans ce paysage romain
Voyez l’escapade dans les travées…
Suivez dans les traboules
Ces étudiants malins qui partagent leurs émois
Avec les pigeons…
Banlieue grise de la fille nue
Et ces prémisses qu’on bégaye
Comme une leçon non sue…
Vieille voiture de la nuit des seins qui s’offrent…
Lit d’étudiant où transpirent encore
Les chaleurs des étreintes balbutiées
Que tache une fleur de sang…
Bonheur
Donc dessin
Plutôt que destin
Esquisse usée
Fresque rescapée
Qui brûle éternellement
Sur les flancs lézardés du souvenir
Blessure sure de ne jamais fermer
Bonheur donc
Toujours perdu
Sans retour

Ce matin
Je voulais dessiner
Les contours
Du bonheur

Alors si tu n’es ni dans le décor ni en moi
Où es-tu si tu existes ?
Dis le moi enfin
Fugace refrain qui perpétuellement me serine
Son air impossible à retenir
Dis moi enfin comme on t’attrape
Maladie non contagieuse
Lèpre profonde qui ronge l’horizon
Parle enfin
Impassible statue de stuc
Hiératique devin au mutisme divin
Pythie à l’abscons silence

« Je suis dans l’instant
Je vis étincelle
Dans l’éclat d’un miracle
L’imperceptible moment
Evanescente flammèche
Je n’existe que dans l’éclair
Et ne reviens jamais
A toi de sans cesse m’allumer
Mais ne compte pas
-Artificielle flamme du foyer-
Me garder car
Je suis l’absolue liberté et je vais où je veux
Le hasard me pose ou non sur ton chemin
Et si tu me cherches tu me perds
 »

Et je comprends trop bien
Que cette voix est la tienne
Pauvre de moi
Me voici
Condamné à t’attendre et te prendre
Et te perdre
Pour -peut-être-
Te retrouver
Gerçure tourmentée
Griffe qui se greffe sur ma vie
Ma zébrure inachevée
Mon impossible déchirure
A la fois l’ivresse de mes nuits volées
Et la céphalée aigre de mes matins mornes
Mon désert traversé d’oasis

« Mais toi-même tu sais
Que c’est à la dureté du désert
Qu’on apprécie l’oasis
Aime-moi comme je suis
Rebelle et sauvage
Si tu veux m’apprivoiser tu me perdras
Si l’amour est prison il perd la raison
Soyons libres de nous
Ainsi ferons-nous jaillir
L’étincelle que tu cherches
Et qui est en moi quand tu m’aimes
 »

mante-religieuse.jpg

Ce matin
Je voulais dessiner
Les contours
Du bonheur
Mais mon dessein n’est plus
Qu’un mauvais croquis
Puisque
Impalpable reflet de moi-même
Je ne t’atteins
Que dans l’éphémère fusion
Et je sais alors
Que je devrais
Ma vie durant
Tendre mon désir
Dans une éternelle
Et improbable quête
Sachant que t’avoir
C’est te perdre

lever-de-soleil.jpg

***

14. LOFT STORY

loft.jpg

Tous les petits poissons
Bientôt s’amuseront
Devant le bocal rond
De la télévision

***

15. RENCONTRE

à M. N.

Parfois sur la toile
Il arrive que la patiente araignée
Des doigts qui tissent
Sans se lasser
Sur le clavier
Un labyrinthe de plaintes
Au carrefour enchevêtré
De tant d’espoirs posés
Qui pendent mornes
Au bout d’e-mails monocordes
Débouche enfin
Vers un miracle
Un lever de soleil sur le virtuel
Une aurore de paroles sur l’écran silence
Un arc-en-ciel bavard qui se connecte sur l’espoir
Comme un pont infini
Entre le désir et son éclair

Parfois sur la toile
Il arrive que des vers
Jaillissant de fils sans gravité
Touchent une âme stellaire
Errant à travers l’espace
Star satellisée
Et
Univers à l’envers
C’est l’étoile qui aime le vers
Le tortueux torturé
Le vibrant vers luisant qui se hisse
De ses pauvres mots
Vers la voie lactée
Et qui
En une phrase de fée
Fait
De l’inextricable toile
Où s’écartèlent tant d’ennuis noctambules
Un tableau de maître
Là où apparaît
Maria

la_rencontre.jpg

***

16. MATINS

Mes matins se ressemblent
Dans leur nudité
Avec le cortège hirsute de mes nuits dénudées
Vidées de tout contenu
Transparentes dans leur abstraction
Le sommeil perdu des paradis rares
Agrippé au gris des façades
Et puis les mêmes quais qui titubent
Dans le flou de regards qui s’embrument
Quand il ne me reste que
L’odeur de ta peau pour habiter mes pas
Dans ces rues de routine
J’avance par habitude
Dans la jungle sinueuse
Du chantier de ma vie
Je deviens héros du labyrinthe
Tant de tours et de détours autour
De ton amour
Et cette pastille en moi
Comme une blessure effervescente

Mes matins se ressemblent
Dans leur inutilité
Ai-je donc inventé
Le don d’ubiquité
A vivre l’impossible
Comme une nécessité
Etre là ou las
Meurtri ou là-bas
Assurer les adieux infinis
Saluer l’hypocrisie policée
Au milieu des couloirs furtifs
Des sourires circonstanciés
O regarde-moi mieux
Je suis devant toi le condamné
Qui attend son arrêt
Et qui fixe amoureusement
Les lèvres de son bourreau
Auscultant le moindre soupir
Comme un espoir de sursis
Rêvant de sculpter
Sur le sable de ton visage grave
Dans chaque instant de vent
Ce sourire unique qui fait la nique au soleil

Mes matins se ressemblent
Dans leur mensonge
Dans cette vie à demi-mot
Devant ce verre à moitié rempli
Ou à moitié vide
Et sous les ponts
Que ce soit Mirabeau ou d’autres
L’eau de mes vers coule
Dans mes yeux
Qui se remémorent tous ces moments perdus
Quand mes doigts en infraction
Frôlaient ta peau pour tenter
L’effraction dans tes rêves
Le hold-up inattendu
D’une pensée égarée
Au bout d’un souffle abandonné
Au hasard de ta torpeur
Et sur le somnifère surnageait
Ton sourire cicatrisé

Tous mes matins se ressemblent
Une douleur nourrie d’elle-même
Qui se repaît de ses recommencements
Une déchirure à chaque fois ravivée
Aléatoire sans fin sur le fil de l’éphémère

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***

17. VIRTUELLE SOLITUDE

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La solitude de nos jours
Se calcule sur l’écran vide
Quand les mots s’effacent
Et chutent de la mémoire saturée
Dans l’oubli de la corbeille
Les doigts sur le clavier alors
Entament avec entêtement une inutile marche
Dans le désert des pensées

La solitude de nos jours
S’écoute dans les messageries
Là où se débitent impassibles
Des tas de formules répétitives
Qui ne consolent rien
Fades paroles toutes faites
Qui envoient sans vergogne
Des bouquets de promesses artificielles
Et qui recouvrent l’absence
Comme ses guenilles un mendiant

La solitude de nos jours
Zappe d’un vide à l’autre
S’accrochant à l’instant bleuté
Comme un condamné
A sa chaise sanglé
Face à l’éclat numérique
Du poison suave
Qui remplit ses yeux
Et le fascine
Jusqu’au bout de la nuit
Autant que le néant

La solitude de nos jours
Se compte sur les pas du facteur
Mes mots lancés vers toi
Qu’il ne porte pas
Toutes ces phrases tant sculptées
Ciselées caressées chuchotées
A l’encre blessée de mon cœur
Pour tisser du fil de nos amours
Un incommensurable pont qui nous lie
O pigeon messager regarde
Mes collections de plumes bien taillées
Se perdent sous la pluie postale
S’égarent dans un sac trop lourd
Qui ne porte plus
Mes vers sinueux qui se torturent
A faire sourire ton désir

La solitude de mes jours
C’est
Vous n’avez pas de courrier
C’est
Vous n’avez pas de messages
C’est
Nous vous remercions de votre attention
C’est
N’habite plus à l’adresse indiquée

C’est toi quand tu ne me parles pas

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***

18. SILENCE

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Te voici donc partie encore
Pour un long voyage de silence
Et l’horizon transparent que tu étires
Devant mes yeux brûlés d’absence
Ouvre un espace béant qui se ferme
Sans écho
Sur le lourd reflet de tes promesses

O mon vieux Guillaume
Que cette eau est mauvaise à boire
Vois ma mémoire est devenue
Ce vieux chiffon rapiécé
Qui s’imbibe de mes larmes
Regarde cet ennui qui prend son temps
Et qui sans gêne se pose imperturbable
Devant l’écran vide de sens
En éclusant l’amertume
Des bières de quatre sous
Oui mon ami mon frère
Mon maître en complaintes
Les dimanches s’éternisent
Et se complaisent dans ce vide
Que les Lou d’aujourd’hui
Laissent

Alors comme toi
Me voici tempêtant
Tel un génie embouteillé
Contre les parois de verre
En quête de formules magiques
Pour inventer le miracle
De la page blanche
A retisser en mots entrelacés
Les amours déchirées
A repasser en vers brûlants
Les plis froissés du cœur
En attendant
La fin du silence
Et que recommence
Le voyage
O voguer parmi
Le flot de tes paroles
Sur le tapis soyeux
De ton sourire de mille et une nuits

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***

19. SONNET

Je serai ce mendiant qui prostitue sa guigne
Vieux chien qui fait le beau pour tenter ton sourire
Je serai le voyeur de ton corps qui s’étire
Quand pour de nouveaux vins tu solderas ta vigne

Je suivrai impuissant ta reddition indigne
Sans combat mise à sac prise sans coup férir
Ma folie viendra nue supplier tes soupirs
Quand elle aura perdu la trace de tes signes

Pourtant je peux être ton héraut héroïque
Monteur je sais fixer les superpositions
De toi et moi noués dans des clichés épiques

Ma vie pendulaire se secoue à ton gré
Mon cœur de haut en bas frôle la déraison
Par peur de se noyer et sans appel sombrer

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***

20. DECLARATION

Ce patient jeu de cache-cache
Entre absence et présence

Cette boussole un peu folle
Qui oscille sans cesse
Entre mon espérance et ton indifférence
Entre les traces fluorescentes
Qui saturent ma mémoire
Et ta désinvolture
Qui bondit d’un instant à l’autre
D’un désir à l’autre et
-Peut-être-
Hélas
D’un amour à l’autre
Jouant de ma jalousie
Comme d’un ballon d’enfant
Qu’un souffle fait décoller

Ce puzzle minutieux que je construis
Pièce après pièce
Carte après carte
Pour que malgré le vent
Se lève mon château fragile

Ce jeu d’échec qu’est devenue ma vie
Et mes tactiques puériles
Mes naïves stratégies
En noir et blanc
Pour mettre mat le hasard
Et tes coups imprévus

Tous ces filaments de temps
Que perpétuellement je tisse
Comme
Une Pénélope au masculin
Pour que
Entre deux Odyssées
Tu viennes t’enrouler dans ma toile

Tout ce trésor
Dilapidé en espoir et en soupçon
En désir et en délire

Ne pèsent rien
Rien
Moins que rien

Devant l’allégorie nue
De ta beauté
Et l’indécence lumineuse
De ton sourire
Qui s’ouvre en bouquet dans mes bras

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***

21. BIERE DE NUIT

L’alcool est dangereux pour la santé.
A consommer avec modération

bar-de-nuit.jpg

C’est vrai je me laisse aller
J’ai deux maîtresses exigeantes
La nuit et la bière
Et si je me coule dans l’une
L’autre se répand en moi
Et nous passons à trois
De longs moments
A repenser le passé
A remixer le parfum déchiré
Des armoires pleines de photos

Toi la brune qui nous ensevelit
Et t’étend sans scrupule sur tout le monde
Envahissante catin
Tu enveloppes l’univers de tes haillons de deuil
Rapiécés de diamants
Troués de dragées d’argent
A pleines volées
Que l’éternité abandonne
Au gré de ses désirs météoriques
Nuit ma compagne stellaire
Qui tombe sur mes paupières
Qui sur le sable du sommeil
Plombe d’un sceau freudien
Mes projets travestis en rêve
Et qui ivres de leur gueule de bois
Détalent au matin quand les remugles gris
D’une aurore vulgaire
Souffle son cruel réel
Si petit
Si mesquin
Si quotidien

O nuit je t’ai fouillée pourtant
Dans tous tes recoins
Les plus mal famés
J’ai su chercher le moindre reflet mauve
A l’abri louche de tes replis glauques
Et j’ai ramené en pleine lumière
Les libellules grises qui sombraient
Fascinées par les phares lancinants
Spots postulant leur cris
Pour illuminer de bruits
L’amour gratuit dans un sourire factice
O mes nuits d’antan
Quand j’allais chevauchant la fortune
Au bout de ton sein ombré
Quand je fouillais dans tes profondeurs
Dans les couloirs nacrés de tes gouffres offerts
Un croissant de lune
Qui s’ouvrait en riant sur le toit de mon cœur
Et nous partions alors
Pour un immense voyage
Brûlant au chevet de l’éternité
Les flammèches de l’instant

C’est vrai je me laisser aller
Et je pleure un peu trop
Sur le temps qui me brûle
Sur les photos enfuies des amies perdues
Et qui perdurent pourtant
Pellicules de poussières
Sur les mots lâchés des amours estropiées
Qui durent
Endurant tout
En dépit du mépris
Le long des murs languissants de l’ennui
Et c’est ce chemin que je suis
Dans son indifférence et qui plonge
Dans un désert commun
D’où l’on ne revient pas
O mon Sahara inventé
O mon passé venté
Vois tes désirs sinueux
Se plaisent à venir persifler encore
La vanité de maintenant

-Mais toi la fille au cœur de sable
A l’âme éperdue qui s’éparpille
Au moindre souffle d’harmattan
O toi mon impossible compagne
Et pourtant mon corps accroché
Aux dunes souples de ton cœur
O toi infidèle amante
Mon trésor aimanté
Ma menthe acidulée
Mon sucre de bonté
Mes trois thés qui s’offrent
En un sourire de soufre
Toi mon secret perforé
Toi
Qu’es tu devenue ?-

C’est vrai je me laisse aller
La bière se débonde
S’abandonne comme une blonde
Que je n’ai jamais eue
Et qui sommeille encore dans les limbes
Assoupies des désirs archivés
Quand ma mémoire veut bâtir
Un demain sûr à partir
Des navires fracassés dans les naufrages
Que peuplent des fantômes
O ma bière
Mon chemin de galère
Je ne te suis que pour me perdre
Je veux m’enfuir et tu me ramènes
Au port maudit où traînent
Des mauvais marins
Des garçons de nuit
Qui vendent à bas prix
Leurs coups de poings
Leurs canettes brisées
Et qui marchandent des éclats de verres
Au milieu des tempêtes de leurs récits
Inventés dans un soupir de mousse
Au milieu des prostituées
Qui lorgnent leur avoir
Et dévisagent leur nuit
Pour payer le lendemain

Bière fille blonde
Qui ouvre son col
Et soumet le feu à sa coulée
Ocre fusion du rêve
Qui s’ouvre devant
Et envahit l’horizon
Et tout devient alors
Couleur d’or
Dans un décor trouble
Où l’on peut encore
Penser que vivre est un destin
Fille des bars
Née de la rue
Monde glauque des ports
Des longues avenues où l’avenir
Se dessine dans une silhouette sombre
Qui claudique sa mendicité
En s’offrant
Hanche ouverte
Corps perdu que cherche à tort
L’amour pur
O bière ma compagne
Ma noctambule suiveuse
Ma blonde berlue qui fuit dans les brumes
Ma fille aux cheveux de fée
Lumineuse traînée lactée
Qui se fond dans l’ombre
Et se mêle au sommeil
Qui finalement s’empare mielleux
De ce monde lumineux
Où je sombre sans secours
Comme au fond de ton corps de sable
Qui s’évente en moi
Et m’invente une histoire
Digne de Shéhérazade

***

22. MONTAGNES RUSSES

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Tu me détruis me reconstruis

Mes petits bambous sous ma tôle
Ne sont pas armés
Pour l’ouragan que tu souffles
Chacun de tes fléaux
Harmattan
Tornade
Mousson
Cyclone
Séisme
Cohorte sanglante des cataclysmes
Tous ces féaux fidèles de ton suzerain silence
Impitoyable seigneur des catastrophes
Ne font de ma masure fébrile
Qu’un fétu futile
Qui fond dans la tempête
Et se meurt en gravats
En attendant ta parole
Qui
D’une seule formule
Redéfinit mon taudis
Mes textes maudits
En rêve de bon bourgeois blasé
En palais de divine diva
En délire de bavard des médias
Ou de roi bavarois devenu fou
(Sans doute à cause de toi)

Tu me descends me remontes

J’ai dû dans une autre vie
Etre groom
Bien poli tendant la main
Bien élevé pour faire monter
Respectueux des hauts placés
Qui ne font que se hisser
Mais mon ascenseur insensé est bloqué
Vers la descente
Et il chute au fond de ton mutisme
La pierre au cou du condamné
Même la bouée d’un portable
SOS messagerie
Ne peut ramener les paragraphes
A la surface
Sauf ton appel miracle
Qui sauve
Ce funambule fêlé qui flirtait
Avec l’indifférence de ton silence

Tu me perds me retrouves

J’ai déjà traversé quelques déserts
Ma sueur se sèche encore des pas perdus
Et des halls de gare
Où je guettais des sourires en partance
J’ai déjà parcouru des départs
Sans retours prévus
Des fins filandreuses de feuilletons sans suites
Des loft story sans témoins
Avec exclusion définitive de Roméo
Mais -O surprise- Juliette n’est qu’une farceuse
Une coquine qui joue à cache-cœur
Et comme dans le meilleur navet brésilien
Voici qu’apparaît
L’oasis intarissable de ton arbre à palabre
Au milieu du désert impitoyable de la foule
Et l’eau de tous tes dires coule sur moi tant
Que je ne sais plus comment faire
Pour me taire

Tu me tues me ressuscites

Mes amours m’ont tellement meurtri
Que je suis mort au moins
Cent fois
Un chat n’a pas plus de vies que moi
Mais là les coups qui pleuvent sont rudes
Et ma pauvre peau ne peut plus
Supporter l’épée
Lancinante qui transperce
Mes moments d’un vide immense
Le néant inouï
Des sons dissous dans l’écho
Que tend en vain un répondeur
Répétitif
Qui anone son refus
Et énonce la condamnation
Au pilori de l’oubli
Et le cou tendu sous ce lourd mobile
Cellulaire en attente
Du définitif forfait
Je vais titubant dans les couloirs du remord
J’y croise d’ailleurs
Divers fantômes de mon passé
Nous errons tous là
En attente d’être au courant
Ou bien d’être infusé du poison qui nous ronge
Mais toi infirmière venue de nulle part
Fée vidéo à la baguette virtuelle
D’un coup de sourire loquace
Tu ouvres la cage aux images
Et la volière de mes serments
Se répand en une volée de vers migrateurs
Qui montent au firmament
Pour te rejoindre
Au ciel de ce poème inventé
Juste pour te plaire

O mon amour malade
Au delà de tous tes maux
Et des moqueries
Qui tintent de ton rire
Au delà de toi
Au delà de moi
Et de nos étreintes qui durent
De nos émois sans limites
De mes larmes que tu noies en fous rires
Je dessine
Petit peintre du net
A la force du clavier
Aux dépens de cet écran muet
Sur la palette de mes mots en couleur
La toile de l’éternité

***

23. VOICI

« VOICI VENIR L’HIVER DES MOTS
L’HIVER DE LA TENDRESSE
VOICI VENIR L’ENVERS DES MOTS
L’HIVER DES CARESSES … »

si quelqu’un veut continuer cette poésie
qu’il essaye !!!!

Aïda Hamza (club des poètes)

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Voici mes mains tendues
En fleur offerte éperdue
Voici mes vers perdus
A mes paupières pendus

Voici mes souvenirs
Qui revivent le vent
Voici mon cœur qui s’étire
Sur son verbe mouvant

Voici mon arc-en-ciel
Trop épris de ton mépris
Voici les sept logiciels
Auprès de toi tant appris

Voici mon vieil harmattan
Qui se soulève hautain
Voici que s’ensable pourtant
L’oasis de mon destin

Voici que se clôt la nuit
Sur nos râles rauques
Voici que vient l’ennui
Et ses brumes glauques

Voici les vieilles feuilles
Que foulent ma mémoire
Voici le temps du deuil
Le terme de l’histoire

Voici venir la neige
Et son livide parfum
Voici venir les arpèges
Du générique de fin

hiver.jpg

***

24. ARGENTINA

pour Maria Fernanda

Un gaucho prend son steak au lasso
Un grill lancinant brûle sur la pampa
Les képis vaincus sont jetés en hourras
Sur les traces de boue des sabots militaires

Une sainte autrefois au balcon et sa main
Plane sur la foule en houle de larmes
Une putain made in US a pris son ombre et
A barbouillé de guimauve la virginité de l’histoire

Oh ! le stade hurle debout quand montent au ciel
Les bras vainqueurs sur la moustache de Videla
La coupe est pleine quand le monde se tait
Le silence de mort est rayé en azur et blanc

Un ballon enchanté que pousse en héros
Ce mauvais garçon qui dribble et qui triche
Quand le talent se mêle à la main de Dieu
Il finit son éternité en désintoxication

Voluptueux tango qui me hante quand se courbent
Les corps qui se saisissent sans se prendre
Et s’attirent et se retirent dans un unique
Mouvement en intense fusion de l’instant

Argentina qui brille et qui pleure mais qui danse
La mort entre les gouffres d’un pas de deux
Et qui tourne toujours comme une sphère de foot
Argentina le sourire d’argent de Maria Fernanda

argentina.jpg

***

25. SAUT SI SON

Obsession porcine de la turgescence tuméfiée
Peau de chagrin que membre ce boyau de chair charcutée
Mais truisme châtré sectionné pour finir en succions
Doux Jésus ressuscité en rosette pour cornichons
Même en scission toujours polisson un vrai tour de cochon

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***

26. AUTRE SONNET

A ma muse qui s’amuse de son silence…

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Ton silence muse c’est cette cathédrale
Où un fidèle prie espérant ta parole
Ce palais fantôme défait de ses symboles
Où un ex-roi bavard se tait dans tes dédales

Cette prison putride au mutisme total
Où je paie mon forfait en refrains qui s’envolent
Ce désert sans verbe que tes secrets désolent
Où je n’ai pour survie que ces vers que j’avale

Mon sonnet meurt de soif face à ce mur sans son
Et mes métaphores tirent leurs pleurs au sort
Sans même que tes yeux y posent leur sanction

Mais muse tu m’apprends la patience du plomb
Son rêve de fusion ce feu mental qui fond
Le métal de mes mots pour orner d’or ton corps

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***

27. ABSENCE

Ton silence m’ensevelit
Et le temps dépeuplé s’étend
Comme un inutile pansement
Bâillon sur ma blessure acide
Où se suicident les cicatrices

J’ai bouclé mon portable
Mes oreilles s’ouvrent sur les souvenirs
Beaux comme ces chalets montagnards
Au pied de glaciers blessés
Que le soleil essore en torrents amers

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***

28. VOYAGE

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Tu en as trop souffert de notre faux soleil
Qui se pollue de gris et se grime de pluie
De nos vies estropiées par le stress ou l’ennui
De nos villes folles aux cris pestilentiels

Tu n’as que trop tardé ta mémoire t’appelle
Elle éblouit de bleu Cotonou qui sourit
Qui suffoque étouffée mais se donne à la vie
Car qui souffre sait bien qu’offrir est naturel

Alors demain tu pars tu vas quitter la France
T’enivrer des odeurs et des sons de l’enfance
Sentir le vent de mer délaver tes déveines

Tu iras raviver nos braises de jadis
Chaque soir qui flambe quand jour et nuit s’unissent
C’est notre amour phénix qui brûle à perdre haleine

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96 commentaires »

  1. un bel ensemble

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    Commentaire par Shon Laudato — mars 14, 2012 @ 5:08 | Réponse

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    Commentaire par Paula Rydalch — octobre 15, 2015 @ 3:59 | Réponse


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