Mots dits vers

août 27, 2017

Nos nuits numériques

Filed under: Poésie — Jean-Pierre Paulhac @ 1:44

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Voici que la nuit énumère ses kilomètres
Et je rêve du sourire de ton sommeil
Soleil adouci sous une veilleuse rose
Et je pose mes pensées sur les vagues
Du brasier flou de tes flammes rousses

Voici que la nuit étend sa yourte noire
Et ses longs yeux de perles oblongues
Qui scellent de leurs rideaux ombrés
Les parfums fous des soupirs drapés
L’immense rêve de nos destins croisés

Voici que la nuit m’envoie ses étoiles
Dans une neige douce au givre sans fin
Sur les sommets d’un fantasme altaïque
Au-delà de la steppe éventée du passé
Pour que se lève cette aurore insensée

Voici que la nuit stellaire s’étale digitale
Dans une traîne de baisers numériques
Sur des écrans moites transpercés de désir
Où naît le miracle chaque jour renouvelé
De l’appel vidéo de ce bonheur neuf

Voici que la nuit émue nous rassemble
Au-delà de tous ces mots photographiés
De nos regards que portent les ondes
De toutes les balafres de nos histoires
Toi et moi soulevés par la houle de l’espoir

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août 20, 2017

Gulnara

Filed under: Poésie — Jean-Pierre Paulhac @ 6:08


Je voudrais traverser ce miroir virtuel
Pour m’immerger dans le lac de tes yeux d’eau douce
Me brûler sous les boucles de tes flammes rousses
Qui sur la soie de tes joues dansent sensuelles

Je rêve de glisser sur la steppe suave
De ta tendresse nue où voguent mes mots troubles
Aux lascives prières vers les cimes doubles
De ces deux volcans où mon désir devient lave

Je veux verser dans ta secrète mer d’Aral
Où s’insère le désert de l’oubli d’hier
Une source d’eau pure jaillissant d’un râle

Mes lèvres seront hardies sur tes longs soupirs
Et je t’offrirai l’aveu de mon cœur ouvert
Pour d’une même houle nos deux vie unir

juin 29, 2017

Calvaire

Filed under: Poésie — Jean-Pierre Paulhac @ 4:29

J’informe les lecteurs de ce blog la parution de mon sixième roman « Calvaire » publié aux Éditions du Cygne.

juin 25, 2017

Jazz

Filed under: Poésie — Jean-Pierre Paulhac @ 8:18


Le jazz se joue des éclaboussures du temps
Il explose ses joues gonflées de très vieux blues
Il se cloue a ses batteries comme ventouses
Et secoue toujours son tempo du cœur battant

Le piano s’évade en dédale noir et blanc
Quand un velours de cuivre s’essouffle d’or tendre
Dans des solos luminescents où vont se pendre
Sur les cimes de l’aigu les notes d’argent

La démangeaison des cordes qui dures tremblent
Et descendent en rappel sur ceux qui ensemble
Dansent tous du même pas au bout de la nuit

Les mots tombent d’une trompette volubile
Que renvoie l’écho debout de la vague amie
Où va et vient le flot d’un jazz indélébile

mars 5, 2017

Abidjanaises

Filed under: Poésie — Jean-Pierre Paulhac @ 8:55

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I.
Abidjan s’étouffe dans l’étreinte
De son serpent automobile
La sueur klaxonne le temps
Et s’asphyxie d’embruns carbones
Sous la mystique ouate marine
Du masque secret du soleil

Abidjan secoue son spasme
Dans des cohues sans flux
Sous l’œil ironique du béton
Sexe de pierre qui transperce
Les cotonnades d’un ciel moite
Vers le rêve d’un soleil exacerbé

Abidjan prie du haut du pont
D’une caravelle minérale
Qui de ses voiles de cantiques
Asperge d’encens océanique
Les fumées âcres de la rancœur
Qui pleuvent leurs lourds remords
Vers un horizon de soleil neuf

Abidjan arrête le temps
La cohorte immobile s’enfume
Ici stoppe la frénésie de l’avenir
Et l’Afrique d’hier qui marche
Sur les bas-côtés un fardeau
Qui tangue sur la tête rit de pitié
Devant l’ombre grise des tours
Qui crépusculaires sombrent
Dans un lent silence lagunaire

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II.

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La mer est le remord bleu d’Abidjan
Le sable récure la sueur malsaine
Ici un vent d’odeurs lave le temps
Toutes ces secondes sourdes
Qui plombent la vie essoufflée
Le long des autoroutes asphyxiées

Ici les sirènes éclairent
D’un rire éblouissant la bave
Livide d’un océan d’envie
Et l’onde des hanches danse
Avec la houle en furie en rage
Face aux entrechats des nymphes
Ces Insaisissables Mamy Wata
Qui courent d’une foulée hilare
Vers l’impassible seuil de sable
Éternel témoin sans voix ni émoi

Ici le corps redevient sculpture
Ébène pur aux muscles grecs
Qui jonglent nus avec l’écume
Comme au-delà du temps maudit
De la force contrainte d’antan
Noyée dans des vagues de rire
Miroir luminescent où dort la mémoire

La mer est le long remord d’Abidjan
Le fouet des souvenirs cingle
Et claque sur les remugles
D’une histoire nomade au bout
D’un désespoir au ressac infini
Or voici que tes enfants sur la crête
De ce même océan vorace de vies
Voguent en jouant de joie sonore

La mer macère les nuits d’Abidjan
Sous l’haleine fétide des esprits du vent
Que reflètent les yeux troubles
Des lagunes mémorielles
Au bord desquelles les tours si fières
Viennent baigner leurs pieds

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III. NUIT D’ABIDJAN

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La nuit asperge Abidjan d’un cri de lumières
Et la cohorte des phares sors du carcan
Des files immobiles torturant le temps
Vole vers l’envers d’une vie qui se libère

Dans la furie des slogans hurlant leurs promesses
Dans des flots de flashs scandant leurs spasmes scratchés
Dans des rafales de musiques déhanchées
Les lucioles des fantasmes jouent leur jeunesse

Elles lancent sans fin des bouées de sourires
Elles ondulent le long des berges du bar
Où s’accroche l’alcool des désirs en délire

Leur destin danse sur un miroir illusoire
Leurs yeux blasés guettent le rancard du hasard
Rêvant entre deux verres d’un amour à croire

IV.

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Bien sûr Abidjan la folie
Frénésie des chapeaux de roue
Immobiles sur le bitume troué du temps
Abidjan hérisson de béton
Aux piques de lumière jetées sur le ciel

Bien sûr Abidjan la folie
Parfum hydrocarburé d’une mer exilée
Brumes moite des moteurs affolés
Exaltant leurs flatulences frustrées
Dans l’âcre colère
D’un panache de ouate noire

Bien sûr Abidjan la folie
Tant sublime que sordide
Mêlant la beauté sculptée
De l’ébène magique et déhanché
Aux mares glauques
Qui se remémorent de remugles
Avers et revers d’une vie
Envers du décor glacé
Des publicités bavardes

Bien sûr Abidjan labyrinthe
Où s’éreinte un Minotaure mystique
Au masque impénétrable
Au cœur d’éblouissantes ténèbres

Mais Abidjan aussi
Où vont sans peur
Les filles d’Ariane et leur fil de sourire
Toi qui danses dans les plis de la nuit
Jusqu’aux dentelles de l’aurore
Toi qui offres l’oasis glacé en plastique
Aux autos encastrées dans leur Klaxons
Toi qui sers aux tables rupines
De ceux qui ont l’orgueil de leur argent
Toi qui traces tant de rêves têtus
En bousculant d’envie chaque matin

Petites femmes d’Afrique
Au cœur battant d’avenir

Et puis toi
Surtout toi
A la fois si loin et si proche
Vers le soleil de ton sourire
Se lève
Depuis Abidjan la folie
L’horizon de mon rêve brûlant
Quand danse en moi
Le zouglou du bonheur

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décembre 7, 2016

Rêveur impénitent

Filed under: Poésie — Jean-Pierre Paulhac @ 8:03

novembre 14, 2016

Ode à la muse absente

Filed under: Poésie — Jean-Pierre Paulhac @ 11:08

 

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Au milieu des ruines amères de mon passé
Parmi les gravats dispersés de mes illusions
Dans le labyrinthe épuisé de mes errances
Des brûlures sourdes de toutes mes erreurs
J’ai besoin de toi

Fatigué d’entendre les clowns sinistres
Qui clonent à nouveau leurs boniments usés
Dans de si vieux et si lourds mensonges
Qui maquillent de verbe notre inutile dépit
J’ai besoin de toi

Dans le désert trouble de ma liberté neuve
Au milieu de l’écho des soupirs menteurs
De mes antiques sirènes à jamais démasquées
Qui se lamentent sur des récifs en carton-pâte
J’ai besoin de toi

Au milieu de la montée du cours des mots
Qui inaudibles submergent nos pensées
Quand le radeau précaire de notre raison
Vacille et tangue sous le flot de l’hypocrisie
J’ai besoin de toi

Au milieu du silence abstrait des sentences
Dans le Sahara nucléaire des promesses
Lorsque le provisoire se vend au définitif fou
Et que les vains discours bâillonnent nos murs
J’ai besoin de toi

Pour ce rêve inouï de croire encore et encore
À demain comme à une plage d’île inconnue
Où les corps nus et noués s’offrent à l’avenir
Dans la douce moiteur de l’aveu des sourires
J’ai besoin de toi

Et toi muse absente
As-tu besoin de moi ?

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novembre 11, 2016

11 Novembre 2016 : Bird on the wire

Filed under: Poésie — Jean-Pierre Paulhac @ 3:53

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C’était le 10 janvier 1975
Il était près de minuit
On venait de danser sur Cohen
« Bird on the wire »
Et ma tempe contre la tienne
Avait posé le timide jalon
D’un amour balbutiant
Qui nous incendia de musique
Qui mit nos rêves debout
Qui dura à peine plus
Que le temps
D’une chanson de Léonard
Mais qui ravive aujourd’hui
La flamme ancienne combattante
D’une antique blessure éteinte
Juste au moment où meurt
Celui qui nous a ouvert
L’impossible horizon
De croire en nous
Et que nous avons gaspillé
Comme des fleurs qu’on jette
Par dépit

Je me suis souvent demandé
Ce que tu étais devenue
Au bout de nos arpèges
Merveilleux d’antan
Tout ce temps est passé
Comme un avaleur d’espoir
Revenu de tout et de rien
Je tairai les mirages les tempêtes
Les tornades les déserts
Tous ces paysages inféconds
Où mourut ma moindre illusion
Tous ces couplets de vie
Que j’ai biffés sans regrets
De dépit

Voici que ce matin maudit
Le jour où se tait le poète
Orphelin je reviens
Au point de départ
Je recommence tout
Et mes larmes se penchent
Sur ces vieilles photos
Qu’une musique souligne
Aujourd’hui
Alors que rit le soleil
De sa brûlante ironie
C’est la fin de la mélodie
Le terme échu
De notre poème parrain
Pourtant par lui
Revient l’étrange fantôme
Décontenancé
D’un bien lointain hier
Si heureux si dérisoire si vain
Comme une chanson
De Léonard

joan

« You know my love goes with you
As your love stay with me
It’s just the way it changes
Like the shoreline and the sea
But let’s not talk of love or chains
And things we can’t untie
Your eyes are soft with sorrow
Hey, that’s no way to say goodbye »

pralogan-1

octobre 13, 2016

Prix Nobel

Filed under: Poésie — Jean-Pierre Paulhac @ 11:47

Oh Bobby !
Mon ami mon frère
Toi dont les sanglots
D’harmonica
M’ont toujours consolé de tout
Toi dont le verbe
D’une guitare confidente
M’a toujours sorti de tout
Depuis mes vingt ans
Oh Bobby !
Voici que s’ouvrent
Les portes suédoises
D’un vent nouveau
Où souffle l’éternité
« The Times are in a changin' »

 

Je me permets de vous rappeler ce recueil publié en 2012…

Traces d'étoiles

octobre 2, 2016

Fanchon chante

Filed under: Poésie — Jean-Pierre Paulhac @ 10:48

Quelques vers en souvenir
du concert de Fanchon Daemers
au Publico à Paris le 1er octobre 2016

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Fanchon chante
Elle pose sans peur des colliers de vers
Sur les baïonnettes de nos mémoires
Ses musiques rimées remuent en nous
Les remords de nos folles certitudes
Elle lance un arc-en-ciel de notes
Sur les rêves que ruinent nos égoïsmes

Fanchon chante
Et le silence ému danse sur ses mots
Pendu aux cordes douces de sa harpe
Nous reprenons en chœur les refrains
Que sa voix vole aux bourgeois de jadis
Pour réveiller le temps d’une chanson
Les fantômes des vaincus de la Commune

Fanchon chante
Et nous nous embarquons portés par le flot
Radeau miraculeux d’un monde perdu
Nous revivons assis les luttes d’antan
Qui se soulevaient entre la mort et l’espoir
Quand l’horizon se fardait de sang
Quand les fusils crachaient leur mépris

Fanchon chante
Pieds nus sur les barricades de nos colères
Couvrant de son cri vibrant d’amour
Les cantiques bénissant la mitraille
C’est la Liberté descendant de son Delacroix
Qui sur les dos courbés de la résignation
Vient planter le drapeau déchiré de l’utopie

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