Mots dits vers

mars 19, 2020

Confiné

Filed under: Poésie — Jean-Pierre Paulhac @ 1:22

Nous sommes au cachot
Cernés de solitude forcée
Pour que s’épuise un jour
Cette hideuse guerre virale

Reclus nous sommes seuls
Derrière nos cloisons intimes
Devant nos miroirs moqueurs
Confidents muets et cyniques

Parias nous sommes punis
Par un monstre invisible
D’avoir vouloir trop suivre
Le bonheur fou de vivre

Mais moi la nuit je compose
Ces vers d’espoir uniquement
Pour toi ma muse arc-en-ciel
Mon inouï bonheur virtuel

Les murs gris de la prisons
Malgré tout ne pourront pas
Me priver de rêver d’aurore
Du jour futur de notre liberté

Et je t’envoie mes mots émus
Douce métaphore des baisers
Que je déposerai en bouquet
Quand tes bras vers moi s’ouvriront

mars 1, 2020

L’éternel ami

Filed under: Poésie — Jean-Pierre Paulhac @ 12:18

Oui les femmes m’apprécient j’ose ici le dire
Je suis leur confident et même leur ami
J’essuie parfois leurs tristes larmes de dépit
Quand leurs amants s’en vont quand leur amour expire

Elles me répètent : tu es un homme bien
Leurs yeux doux si sensuels m’offrent leur estime
Leurs lèvres me livrent plein de bisous sans frime
En me prédisant le bonheur un jour prochain

Mais pas une ne veut franchir le pas fatal
Au dessus de ce gouffre béant qui sépare
L’amitié de l’amour son éternel rival

Amies merveilleuses qui tant m’aimez de loin
Je rêve la nuit de vos caresses sans fin
Mon corps n’est pas de bois s’il est d’essence rare

janvier 6, 2020

Nouvel an

Filed under: Poésie — Jean-Pierre Paulhac @ 7:11

Allez lève-toi vieil espoir
Secoue ta carcasse abîmée
Par tant d’illusions au vent éventées
Par tant de promesses fracassées
Au fil des fausses chimères d’hier

Allez lève-toi vieil espoir
Déchire sans nulle pitié le tulle
Grisâtre où se brouille encore
Ton regard vide désabusé
Par tous tes matins dépités

Allez lève-toi vieil espoir
Jette à bas les draps inutiles
Des nuits insomniaque
Où viennent te hanter
Les fantômes du désert

Allez lève-toi vieil espoir
Pose sur le sol ton présent
Lourd des agapes amères
D’infinies fêtes solitaires
Où l’ennui se saoule à ta santé

Allez lève-toi vieil espoir
Voici que t’appelle l’aube nue
Son sourire ruisselle d’argent
Et sous l’oeil fou d’un soleil naissant
Elle offre au jour sa tendresse neuve

décembre 25, 2019

Nettoyage d’hiver

Filed under: Poésie — Jean-Pierre Paulhac @ 12:26

Comme tu es très organisée
Tu as tout ramassé
Tout bien plié
Précise très soigneuse
Posé dans des cartons
Peut-être ceux
Des chaussures offertes
Autrefois
Dans des sachets bien solides
Presque rigides
Sans doute ceux
Des robes
Essayées ensemble

Comme tu est méthodique
Tu as aussi nettoyé
Tous tes écrans
Et leurs reflets heureux
Ces miroirs déformants
Où l’on se rêvait
Héros d’un roman sans fin
D’un long poème lumineux

Tu as tout bien récuré
Avec précision abnégation
En bonne femme de maison
Que tu es avec un joli chiffon
Papillon de couleur dans tes cheveux

Comme tu es très soucieuse
De notre pauvre planète
Tu as tout descendu
De ton onzième étage
-Que je croyais septième-
Et tout en bas
Au cœur du froid
Sur le bitume givré de gris
Terni de neige sale
Tu as choisi la bonne poubelle
Avec la couleur adéquate
Et tu as tout jeté

En fermant le couvercle
Tu as souri
Aurore neuve
Jour qui recommence
Vie qui s’ouvre

Mais cette fois sans moi
Oublié à tout jamais
Dans le Goulag glacé
De la steppe infinie
Où se perd ma mémoire

novembre 15, 2019

Ève d’ébène dans le métro

Filed under: Poésie — Jean-Pierre Paulhac @ 7:28

J’aimerais ce matin dans le métro
Inavouée muse d’ébène triomphant
Être la pomme que vous croquez
J’aimerais sentir la morsure
De vos dents sur ma peau
Je suis jaloux de la chair offerte
Du fruit sacré
Qu’effleure votre langue

Et seul sur mon siège de mots
Je songe aux vieilles légendes
Du péché originel
Et mes fantasmes s’enflamment
De mémoire de mangues

Mais il n’y a plus entre vos lèvres
Qu’un trognon rongé
Tel le temps dévoré
Et les pépins des souvenirs
S’en vont au rythme souple
De vos pas africains
O muse d’ébène
D’un rêve inavoué
Ce matin dans le métro

novembre 7, 2019

Nuit de blues au Hot Club de Lyon

Filed under: Poésie — Jean-Pierre Paulhac @ 7:45

J’ai quitté la nuit de pluie
Et je me suis mis à l’abri
Chez le jazz
Dans sa cave

Le jazz
C’est un tempo
Et les pieds partent
A la poursuite de la batterie
Et hochent les yeux clos des visages
Mais moi mon tempo
C’est un rythme sans écho
Un Tango sans retour
Un Paso sans double
Un coda sans issue où s’épuise le temps

Le jazz
C’est un solo
Un saxo qui sculpte le son
Une guitare qui se gratte le cœur
Les doigts bavards d’un piano volubile
Mais moi mon solo
Tape du pied un sol sans clé
Bouge sa tête vers l’ailleurs
Remue ses remugles d’antan
Pour la fin d’un solo lancinant sans issue

Le jazz
C’est un chorus
Où d’un coup s’enlacent les notes
Où le tempo se met à l’unisson du son
Où s’embrassent les solos revenus
Mais moi mon chorus
C’est un souvenir de feuilles mortes
C’est une erreur de mémoire au soleil
C’est l’oubli livide des quais de gare
L’utopie en vers d’un poème sans issue

Le concert est fini
La nuit m’attend de pluie ferme
Avec ses trottoirs vides
Et son blues de minuit

août 16, 2019

Les migrants de Provence

Filed under: Poésie — Jean-Pierre Paulhac @ 8:18

Ils sont venus mal vêtus hagards faméliques
A bord de rudes embarcations sans confort
Importés d’un autre monde au hasard des ports
Noirs bistres basanés tous enfant de l’Afrique

Ils ont dû voyager sur ces mauvaises barges
Où le sol est mouvant le roulis mal de mer
La houle vient soulever leur cœurs à l’envers
Quel destin fou ainsi les pousse vers le large ?

Ils ont dû délaisser la paix de leur village
L’éternité douce d’une Afrique sans âge
Pour ce périple insensé sans but ni balise

Un ordre leur hurle de sauter vers la mort
Le sable sera le seul linceul de leurs corps
Leur vie pour libérer ceux qui les colonisent !

mai 11, 2019

Divorce

Filed under: Poésie — Jean-Pierre Paulhac @ 9:52

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février 12, 2019

Sonnet pour ceux qui sont sans Valentin

Filed under: Poésie — Jean-Pierre Paulhac @ 7:33

La Saint Valentin chante toujours pour les autres
Pour ceux qui glissent sur la vie au cœur à cœur
Qui formulent en fleurs des vers pour l’âme sœur
Et qui sans vergogne dans le stupre se vautrent

La Saint Valentin brade d’un baiser ses bagues
Et offre aux lèvres si avides l’or sans prix
Poinçon labial pour l’aveu du bijou chéri
Que le désir noie sous la houle de ses vagues

La Saint Valentin sonne tel le glas amer
Sur mon désert où les oasis se dessèchent
Sur mes dunes tristes oubliées de la mer

Sur mon clavier où vont pianoter les hoquets
De la solitude soldant tous ses acquêts
Pour mieux me narguer de son sourire revêche

décembre 31, 2018

Bonne année 2019

Filed under: Poésie — Jean-Pierre Paulhac @ 11:14

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